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Les pigeons voyageurs, agents de liaison des Forces armées en temps de guerre.

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Les pigeons voyageurs, agents de liaison des Forces armées en temps de guerre.

point  [article]
Un soldat parachutiste en tenue de combat, se prépare à sauter en portant un conteneur qui renferme un pigeon.

Pendant la bataille d’Afrique du Nord, devant Tobrouck, un chef de char lâche un pigeon signalant sa position.

Les pigeons voyageurs, agents de liaison des Forces armées en temps de guerre[1]

 

       Malgré les moyens de communication des plus modernes dont disposaient les armées alliées au cours de la dernière guerre mondiale et au Vietnam, il est fréquemment arrivé qu'il s'avérait impossible d'assurer des liaisons avec les états-majors. C'est ainsi qu'il a fallu souvent faire appel, comme on l'avait fait pendant la Première Guerre mondiale, à de modestes pigeons pour transmettre des messages, urgents et importants.

       Des dizaines de milliers de pigeons voyageurs ont ainsi été mis à la disposition des Alliés par les colombophiles britanniques, pour servir sur tous les fronts (Europe occupée, Afrique et Moyen-Orient), lorsque les moyens classiques de communication étaient devenus inopérants.

       Ces animaux ont contribué en plus, au sauvetage de nombreuses vies en perdition sur les mers ou dans les déserts. Ils ont aussi servi d'agents de liaison avec la Résistance.

       Les plus hautes autorités militaires ont rendu hommage à ces combattants ailés qui ont eu leurs héros ayant fait l'objet de citations officielles à l'ordre du jour des armées et qui ont parfois obtenu leur croix de guerre.

       Du fort de Vaux est parti pendant la bataille de Verdun, le 4 juin 1916, le dernier pigeon du commandant Raynal (n° 787-15) portant le message suivant :

       «Nous tenons toujours, mais nous subissons une attaque par les gaz et les fumées, très dangereuse. Il y a urgence à nous dégager. Faites-nous donner de suite communication optique par Somville qui ne répond pas à nos appels. C'est mon dernier pigeon.»

       Le pigeon accomplit sa mission et a obtenu la citation suivante ;

       « Malgré des difficultés énormes résultant d'une intense fumée et d'une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l'avait chargé le commandant Raynal. Unique moyen de communication de l'héroïque défenseur du fort de Vaux, a transmis les derniers renseignements reçus de cet officier. Fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier.» Une plaque rappelant cet exploit a été apposée à l’entrée du fort.

       Après son décès, ce pigeon a été empaillé. Il se trouve avec deux autres de ses compagnons au siège de l'état-major des troupes de transmissions de l'armée française, aux Invalides, à Paris.

       C'était le 4 juin 1916, il y a soixante-trois ans de cela. Les pigeons de la génération de la guerre 40-45, ont-ils fait aussi bien que leur ancêtre du fort de Vaux ?

       La réponse à cette question se trouve, notamment, aux archives du ministère de la guerre britannique (War Office) où sont conservés tous les documents officiels relatifs aux actions des pigeons voyageurs anglais mis au service de la R.A.F., de la Navy et de l'infanterie sur tous les théâtres d'opérations sur le continent, en Afrique du Nord, en Extrême-Orient, etc...

L'effort d'une nation

       Dès les premiers jours de la guerre 40-45, le gouvernement anglais adressa à tous les colombophiles du royaume, une invitation à faire partie du « National Pigeon Service » pour fournir des jeunes pigeons destinés aux colombiers militaires et notamment ceux situés sur les côtes afin de recueillir rapidement des renseignements.

       C'est ainsi que pendant toute la durée de la guerre, plus de deux cent mille jeunes pigeons furent cédés à l'armée par les colombophiles anglais. Ils furent répartis sur tous les théâtres d'opérations et auprès des mouvements de résistances dans les pays occupés. Ainsi, 16.554 furent parachutés en des endroits convenus et il a été mentionné que 7.556 rapports d'intérêt sont parvenus à la section « pigeons » du ministère de l'Air.

       Les plus hautes autorités de l'armée et du gouvernement britannique ont reconnu officiellement le rôle joué par les pigeons pendant la guerre.

       Dans une lettre du ministre de l’intérieur anglais, du 10 mai 1945, le secrétaire d'Etat à l'Information et le secrétaire d'Etat pour l'Ecosse ont exprimé leurs remerciements « pour l'aide apportée aux armées par les colombophiles et leurs pigeons, qui ont grandement contribué à la sécurité de la nation ».

       Le 31 mai 1945, le secrétaire d'Etat au ministère de l'Air a écrit qu'à la demande du conseil de l'Air, il désirait exprimer son appréciation quant aux services rendu par le « National Pigeon Service » pendant la guerre. « L'armée anglaise, la R.A.F. et l'armée des Etats-Unis, est-il écrit dans cette lettre, ont fait le plus grand usage des pigeons dont beaucoup ont été employés pour des missions spéciales avec les groupes de résistance en territoire occupé. »

       Le quartier général de l'U.S. Army, sous la signature du brigadier général F. S. Strong, a fait connaître le 25 août 1945 que 46.532 pigeons ont été utilisés dont beaucoup ont été parachutés avec les troupes américaines, le jour « J ». « Il serait impossible, écrit le général Strong, d'exprimer notre gratitude pour l'immensité des services rendus. »

       En ce qui nous concerne, nous nous souvenons d'un entretien que nous avons eu à Londres avec le général sir Richard Gale, qui commandait les troupes de débarquement en Normandie et qui nous déclara que les premières nouvelles concernant le succès du débarquement en Normandie arrivèrent à Londres par pigeons ; Ceux-ci venaient du colombier militaire situé sur un immeuble de Piccadily Circus, à deux cents mètres du point de commandement de Winston Churchill qui se trouvait à l'Amirauté.

       Un autre témoignage encore : celui de 1'« Indian Signal Corps », qui a signalé le 22 octobre 1945, sous la signature du brigadier Deadon, officier en chef des Transmissions, l'aide considérable fournie par les pigeons aux Indes et en Birmanie. Il s'agissait de pigeons anglais,  élevés par des amateurs de Grande-Bretagne. Malgré des conditions climatiques difficiles dans ce théâtre d'opérations, de nombreux pigeons furent parachutés entre les lignes ennemies et rapportèrent des renseignements de valeur. Beaucoup de colombiers mobiles furent, en outre, employés en Birmanie avec le, plus grand succès.

Performances et citations

Il ne nous est pas possible de reproduire ici les centaines de citations qui furent attribuées ; aux pigeons anglais pendant la guerre. Bon nombre d'entre eux reçurent la « Dickin Medal » (la croix de guerre pour les animaux) pour avoir permis, grâce aux renseignements apportés, de sauver la vie à des marins et à des aviateurs perdus en mer.

       Voici quelques citations :

       Pigeon n° 43.1263 : le 22 juin 1943, en Méditerranée, a transmis un message dans des conditions extrêmement difficiles ; a contribué au sauvetage d'un équipage ne pouvant plus utiliser sa radio.

       Pigeon n° 44WDI063 : ce pigeon a rendu des services actifs en Afrique du Nord. Il est rentré en Angleterre avec son unité et a servi pendant les opérations à l'ouest de l'Europe. Envoyé à Bayeux, il rapporta un important message pendant l'action et fut ensuite employé lors d'opérations en Belgique.

       Pigeon n° 21610 : a rapporté 38 microfilms au travers de la mer du Nord, alors qu'il était au service de la R.A.F. au-dessus des Pays-Bas. Revint parfois blessé à son colombier.

       Pigeon n° 36392 : a rapporté trois fois de très importants messages à partir des territoires occupés par l'ennemi et notamment en mai 1943 (Amiens), en février (opérations combinées) et en juin 1944 (maquis français).

       Pigeon n° WD 593 : a apporté d'importantes informations depuis l'île de Crête à Alexandrie sur une distance de 500 miles, (805 km).

       Pigeon n° SBC219 : a été le premier pigeon à regagner son colombier après avoir été parachuté dans les lignes allemandes le jour « J », A volé dans des conditions très difficiles après avoir été enfermé pendant cinq jours, dans un minuscule conteneur.

***

       Nous pourrions continuer en puisant notamment dans les archives de l'« Australian Army Signal Corps », car il y a des milliers de citations conservées dans les documents de l'armée britannique. Elles témoignent du rôle important joué par les pigeons voyageurs pendant la guerre.

René Dax.

 

 



[1] Article de René Dax parut dans le journal « Le Soir » du 4 février 1980



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