Maison du Souvenir

Le C.A.P.O.R.A.L. du mois d'avril 2017.

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Le Message du C.A.P.O.R.A.L.

AVRIL 2017

« C.A.P.O.R.A.L. » signifie: Comité des Associations Patriotiques d’Oupeye pour le Regroupement des Activités Locales.



Le Maréchal Keittel signe l’acte de reddition le 8 mai 1945. Nous sommes enfin en paix

COMMEMORATIONS PATRIOTIQUES DE MAI 2017

LE SAMEDI 6 MAI 2017 : Commémoration de la Bataille du Fort de Pontisse

      → 10h30:                                                                         Cimetière du Rhees

      → 11h00:                                                                         Fort de Pontisse

      → 11h15:                                                                         Mémorial Commandant Pire

LE LUNDI 8 MAI 2017 : Dépôt de fleurs dans tous les villages de l'entité selon l'horaire suivant:

→ 08h35 :                                                            Hermée

→ 09hOO:                                                           Heure-le-Romain

→ 09h25 :                                                            Houtain St Siméon

→ 09h50:                                                             Haccourt

→ 10h15 :                                                            Hermalle

→ 10h40:                                                            Vivegnis

→ 11h05 :                                                            Oupeye

11h30:                                                             Messe en l'Eglise d'Oupeye

→ 12h15-12h30                                                   Vin d'honneur Salle du Conseil du Château

LE JEUDI 25 MAI 2017 (ASCENSION) : Houtain

→ 10hOO : messe du souvenir suivie du Cortège aux monuments rue de Slins et place de la Station.

Editeur responsable: M. Hubert Smeyers, rue du Rouwa, 10, 4682 OUPEYE

En marche citoyen.

       Dimanche 13 novembre 2016. C'est sous un léger crachin qu'une cinquantaine de personnes quittent l'ancienne maison communale pour effectuer une promenade guidée de 3 km. Qu'a-t-elle de spécial cette promenade ? Elle s'intitule «En marche, citoyen» et a été créée par l'administration communale d'Oupeye sous l'égide de notre bourgmestre F.F. Serge Fillot et par les Territoires de la Mémoire. Son but: expliquer aux promeneurs ce qu'est la Citoyenneté en passant par 10 lieux différents en se servant de son Smartphone ou de panneaux explicatifs. Ainsi explique-t-on des faits qui se sont passés dans certaines maisons communales pendant la seconde guerre, les autodafés du nazisme en passant devant la bibliothèque, les faits de résistance dans les usines devant lesquelles nous nous arrêtons, ...

       Ce type de promenade, unique en son genre pour l'instant, ne le sera plus longtemps puisque ce principe sera bientôt étendu dans plus ou moins 200 communes. Ajoutons que la Bibliothèque d'Oupeye et la Maison du Souvenir d'Oupeye ont collaboré à cette entreprise qui a ravi les participants à cette marche d'autant plus que notre député-bourgmestre Mauro Lenzini nous attendait à l'arrivée avec une Thermos de café et une bonne bouteille de peket.

       Et c'est par un somptueux repas servi aux inscrits à cette « Journée de la Citoyenneté » que s'est terminée cette activité.

Nouvelle exposition

       Nouvelle exposition à la Maison du Souvenir. Au rez de chaussée, nous continuons à égrener les années.

       1917 : les Américains débarquent, mais avec armes et bagages cette fois. Car auparavant, ce sont les aliments qui provenaient des Etats-Unis grâce à l' « Aide alimentaire » mise sur pied par Hoover au départ.

       Mais 1917 commence en fanfare par l'odyssée de l'Atlas V la nuit du 3 au 4 janvier. Malgré la ligne électrifiée placée tout le long de la frontière belgo-hollandaise, ce petit remorqueur va débarquer aux Pays-Bas 103 jeunes prêts à regagner nos lignes, derrière l'Yser.



       Et 1917, c'est aussi une autre épopée, celle des autos-canons-mitrailleuses belges. Constant le Marin, les frères Thiry, Julien Lahaut et bien d'autres vont s'illustrer en Russie, mais devront revenir après la révolution d'octobre. Tout un périple !

       Et que dire de nos pilotes dans une aviation qui vient à peine de naître. Quels exploits vont être les leurs !

       C'est tout cela que notre nouvelle exposition présente. Nous vous y attendons nombreux afin de vous commenter tous ces événements !

L'INCROYABLE HISTOIRE DU SOLDAT NOËL LEDOUBLE



Noël Ledouble

       Il ya quelques jours, (Journal La Meuse du 29 mars 2017), les descendants du soldat Noël Ledouble, mort aux premiers jours de la guerre 1914-1918, reçoivent une surprenante invitation : « Pouvez-vous rassembler, un maximum de membres de la famille et venir au Fort ? », leur demande, énigmatique, Fernand Moxhet, le responsable du Fort de Loncin. C'est là que, depuis 103 ans, la famille Ledouble vient régulièrement rendre hommage à son aïeul, notamment lors des commémorations du 15 août 1914, date de l'explosion, sur le coup de 17 heures, de la poudrière du Fort sous un tir d'obus de la « Grosse Bertha ». Quelque 350 soldats sont toujours ensevelis sous les décombres. Dont - pense-t-on - Noël Ledouble, 21 ans, d'Awans. Réunis au cœur de.la nécropole, les Ledouble apprennent alors une rocambolesque nouvelle : Noël n'est pas là ! Le fantassin du 14ème de Ligne n'a jamais été enseveli ! Il est mort deux jours plus tard sur un lit de l'hôpital militaire Saint-Laurent à Liège. Grièvement blessé et évacué du Fort, il est décédé le 17 août à 10 heures, comme en atteste son certificat de décès. Sauf qu'on ne savait pas que c'était le sien ... Car il y est écrit « Ledoup » ! « A l'agonie, Noël a-t-il mal articulé ? S'est-il exprimé en wallon et, l'accent liégeois aidant, « Ledouble » a été compris « Ledoup »? s'interroge Fernand Moxhet, président de l'ASBL « Front de Sauvegarde du Fort de Loncin ». Toujours est-il que Jules Dasoul, infirmier, et Alphonse Bernard, employé, tous deux au chevet du mourant à Saint-Laurent, écrivent « Ledoup » sur le papier officiel. Un premier mythe s'effondre pour les descendants du soldat Ledouble. Et ils ne sont pas au bout de leurs surprises ! Car suit une deuxième révélation incroyable, de la bouche même du responsable du CLHAM, le Centre Liégeois d'Histoire et d'Architecture Militaires, fondé par des passionnés il y a 38 ans. « Noël Ledouble est enterré à Sainte- Walburge, dans le Carré militaire de 1914 » annonce Patrick Galand, qui a fouillé dans les archives. Nouvelle stupeur pour la famille Ledouble. Et effectivement, comme ils peuvent s'en rendre compte de leurs propres yeux un peu plus tard dans la journée, il y a bien une tombe au cimetière liégeois, indiquant « Ledoup Noël. Soldat. Mort pour la Belgique. Le 17 août 1914. » Ledoup qui n'a jamais existé… Des recherches ont bien été effectuées sur ce soldat inconnu, mais en vain. Et pour cause puisque c'est Noël Ledouble ! Inhumé, donc, sous une fausse identité. Que d'émotions pour la famille Ledouble !

       Noël repose donc en paix depuis 103 ans sous les arbres centenaires de Sainte-Walburge. Reste toutefois un souci : l'erreur sur la pierre tombale... Et ça, Fernand Moxhet ne supporte pas. Par devoir de mémoire pour tous ces jeunes innocents tombés pour leur patrie.



Sa tombe portant le nom de « Ledoup »

       Le Président du Fort de Loncin a donc écrit aux Sépultures militaires pour demander rectification du nom de famille de Noël. « Mais leur budget est limité, une telle pierre coûte 450 €, or il y a beaucoup d'erreurs », nous explique-t-il. « Berf, c'est trop tard pour le budget 2017, celui de 2018 est déjà bien entamé, ce ne serait donc pas avant 2019 ... » Une solution sera sans doute trouvée avant. Pour l'Histoire. Et pour la famille qui ira désormais se recueillir à Sainte-Walburge.

       (Article de Cécile Vrayenne)

Encore une perte chez nos anciens combattants

       La FNC Vivegnis vient encore de perdre une personne importante : son président. Antoine Leentjens allait avoir 100 ans. Malheureusement, nous ne pourrons pas fêter cet événement. Il est né le 10 mai 1917. Autrement dit, il fêtait ses 23 ans alors que, faisant partie de la classe 37, il avait rejoint le fort d'Eben-Emael. Et le 10 mai 1940, c'est l'attaque ennemie et le commandant lui dit: « Antoine, c'est le jour de ton anniversaire, c'est toi qui auras l'honneur de tirer le premier coup de canon. Le Fort t'offre ainsi ce cadeau d'anniversaire.


Lors de son anniversaire en 2013

       Malheureusement, le lendemain vers midi, le fort rendait les armes et ses défenseurs se retrouvent au camp de Fallingbostel et Antoine y passera 5 longues années. Ayons une pensée émue pour ce dernier ancien combattant de la commune de Vivegnis.

Marie-José de la Barre d’Erquelinnes



       Une dame au nom à rallonge mais à l'histoire passionnante. Elle est décédée le 1er février 2015 dans une maison de retraite à Ascot, dans le Berkshire (G.B.). Elle était née en Angleterre le 30 avril 1916, ses parents ayant fui la Belgique pendant la Première Guerre. En 1918, ils retournèrent au pays pour vivre dans leur château de Viviers à Jurbise, mais demeure qui sera occupée par des militaires italiens en 1940.

       Dès les premiers mois de l'occupation, elle rejoint les résistants du réseau Zéro, avec Charles Woeste. Elle espionne l'aviation allemande sur la base de Chièvres d'où décollent les escadrilles pour bombarder Londres et transmet régulièrement par une ligne qu'elle crée avec l'Intelligence Service anglaise, des renseignements sur les mouvements, quantités et types de bombardiers arrivant et partant de Chièvres. José utilise du papier à cigarette qu'elle cache à l'intérieur du guidon de son vélo. Sa présence régulière aux abords du terrain est remarquée par les sentinelles. Elle et une camarade, interrogées, se font passer pour des « amoureuses » des avions. De plus, elle profita de la bêtise des aviateurs italiens, vivant au château qui, naturellement très bavards, donnaient des renseignements concernant les quantités de bombes stockées. Bavards mais aussi vantards, ils n'hésitèrent pas à se faire passer pour des maîtres pilotes du dernier modèle d'avion, le « Cant.Z.1007 » et parlaient allègrement des performances de l'appareil. Elle étend ses activités et parvient à recruter des espions d'autres champs d'aviation allemands en Belgique et dans le nord de la France. Il faut savoir que le temps qui n'était pas consacré à la résistance, elle s'employait aussi à nourrir les personnes les plus démunies.

       Avec son amie, la Princesse Antoinette de Ligne, elles sont toutes deux conductrices d'ambulance pour la Croix-Rouge. Au cours d'un transport de plusieurs blessés vers l'hôpital, le véhicule de José est mitraillé par un chasseur ennemi et deux des patients trouvent la mort. Elle profite de cette couverture de la Croix-Rouge pour s'occuper des premiers parachutistes anglais débarqués dans le plus grand secret. Elle en conduisit un à Namur après avoir marché avec lui 10 kilomètres et un autre en train à Dinant.

       En août 1942, Charles Woeste fut arrêté, mais elle parvint à fuir avant l'arrivée des Allemands. Blonde, elle se teignit les cheveux en noir et poursuivit ses activités quelques mois encore sous un faux nom. Mais en décembre, elle n'eut d'autre alternative que de fuir le pays.

       Après avoir traversé la France, elle entreprend la traversée des Pyrénées avec plusieurs compagnons et trois contrebandiers comme guides. En franchissant une ligne de chemin de fer, les lanières de son sac à dos s'emmêlèrent avec des fils de fer alors qu'ils étaient à proximité d'un poste de contrôle dont ils voyaient la lumière. Heureusement, ils ne furent pas découverts. Après deux jours d'alimentation rationnée, l'art consistait maintenant à échapper aux patrouilles des Andorrans et pour réussir, suivre les contrebandiers et franchir des sommets de près de 2500 mètres. Pas équipés pour ce genre de « randonnée », leur visage était enflé, leurs mains et leurs pieds couverts de coupures.

       Parvenu du côté espagnol, le groupe loua deux guides qui avaient été condamnés à mort par le régime de Franco, mais qui essayèrent de le voler. Arrivée à Barcelone, grâce à ses relations avec les Britanniques, elle put obtenir un passeport anglais. Elle gagna Lisbonne en mars 1943 et s'embarqua enfin pour Southampton. En Angleterre, elle devint lieutenant de l'armée belge en exil, puis, en automne 1944, elle partit en France et servit à la base Delta de Marseille en qualité d'agent de liaison. Elle s'occupait, entre autres, des nombreux réfugiés russes qui arrivaient en bateau d'Odessa.

       En août 1945, Marie-José fut démobilisée et revint en Belgique où elle rencontre son futur mari anglais, Charles Villiers, qui était tombé malade à Bruxelles. Charles était le petit-fils du 4e Comte de Clarendon, homme d'état Victorien et il s'était distingué durant le conflit avec les « Grenadier Guards ». Ils se marièrent dans la petite chapelle du château de Jurbise, retournèrent à Londres où Charles était banquier.

       Pour les actions de résistante et ses états de service durant le conflit, elle fut faite Chevalier de l'Ordre de la Couronne avec Palme et reçut la Croix de Guerre par la France et l'Etoile de Bronze par le gouvernement américain.

       Madame Villiers fonde dans l'est de Londres une sorte d'école où l'on apprend aux personnes démunies à vivre proprement et à se soigner le mieux qu'ils peuvent. Elle passe 20 ans chaque jour de la semaine à travailler avec la « Inner London Education Authotity » dans les écoles locales et avec les docteurs. Elle s'impliquera à résoudre les problèmes des classes laborieuses des quartiers, pour la plupart des émigrants des années 1970, où les habitants vivent dans des taudis humides, luttant avec des salaires de misère pour se nourrir et élever leurs enfants.

       Charles Villiers, anobli en 1975, et sa femme Marie-José, Lady Villiers, vécurent dans une maison qu'ils avaient fait construire à la limite de Windsor Great Park. Marie-José devint une amie de la reine mère d'Angleterre, Queen Mum, la maman de la reine Elisabeth II. Elle eut deux filles, Diane et Anne, mais perdit son mari en 1992.

Emile Antoine

       Le 22 avril 2016, l'Association pour la Mémoire de la Shoah est venue inaugurer les trois premiers « Pavés de la Mémoire », posés devant des maisons où des juifs liégeois ont eu à souffrir de la Déportation. Il s'agissait de trois enfants qui faisaient partie de la célèbre colonie d'Izieu en France, et dont un a miraculeusement échappé.

       On en a faut un film, il y a eu des livres, le home est devenu depuis un mémorial... « Les enfants d'Izieu » constituent un des faits marquants de la Shoah. Le 6 avril 1944, sur ordre du chef de la gestapo de Lyon, le tristement célèbre Klaus Barbie, les S.S. font irruption dans cette grande maison d'Izieu, situé dans l'Ain en France, et emportent les 44 enfants qui s'y trouvent ainsi que les 7 adultes qui s'en occupent. Ils seront tous gazés en arrivant à Auschwitz...

       Tous ces enfants provenaient de différents pays. Une quinzaine était belge. Le plus jeune d'entre eux avait à peine 5 ans. Il s'appelait Albert Bulka et venait de Liège. Il était accompagné de son frère Marcel, de 9 ans son aîné. Tous deux étaient orphelins et avaient été cachés dans cette soi-disant « colonie de vacances » par une association juive. Avec eux Alec Bergman, un autre petit Liégeois âgé de 12 ans, copain d'enfance du quartier du Longdoz.

       « Avec mes parents, nous avons d'abord fui en France, raconte-t-il. En août 1942, nous avons de justesse évité la rafle du Vél' d'Hiv à Paris. Puis nous sommes descendus dans le Périgord, en France libre. Mais quand elle a disparu, j'ai été caché dans une abbaye, une ferme et un vignoble avant d'arriver à la colonie d'Izieu. C'est là que j'ai retrouvé marcel et le petit Albert, qu'on appelait tous « Coco ».

       Avec l'insouciance de leur âge, ils y ont passé de bons moments.

       « On avait bon là, on y a vécu heureux, loin des horreurs de la guerre. Et moi, j'ai eu cette chance de voir un jour ma maman venir me rechercher. Elle avait été aidée par la Résistance française pour obtenir un faux nom et elle m'a ainsi sauvé la vie. C'était quelques mois avant ce funeste 8 avril 1944. Sans elle, j 'étais à Auschwitz avec eux.

       Après la guerre, Alec est revenu habiter Liège et a repris le commerce de tailleur de son père, rue Surlet. Aujourd'hui, entouré de ses deux enfants et de ses quatre petits-enfants, il a conscience d'être un miraculé. Et s'il a accepté ce pavé posé devant son ancienne maison, rue Grétry 229, c'est « parce que nous avons tous un devoir de mémoire. Il est important de rappeler ce qui s'est passé car c'était il y a 70 ans et les jeunes ont tendance à oublier. »

       Alec Bergman, Marcel et Albert Bulka sont les trois premiers pavés posés à Liège. Il devrait y en avoir encore d'autres. 733 Juifs de la région liégeoise ont en effet été assassinés en 1940-1945.

Article paru dans la Meuse et signé Luc Gochel.

L’horrible histoire de l’espion belge pendu à Londres

Article paru dans la Meuse du 30 août 2016 signé Pierre NIZET



Henri Lassudry

       Le mardi 3 septembre 1940, deux bateaux de pêche venus de France approchent des côtes du Kent. Quatre hommes en descendent et rejoignent la rive dans deux canots. Ce sont des agents espions de l'Abwehr. Leur objectif fou: préparer une future invasion par les forces allemandes.

       Il y a Carl Meier, 23 ans, un Hollandais qui a passé un peu de temps à Birmingham avant la guerre, Charles van den Kieboom, 25 ans, ayant la double nationalité japonaise et hollandaise, Sjoerd Pons (28) Hollandais lui aussi et José Waldberg, un Allemand de 25 ans.

       Meier est le premier à être arrêté. Il a éveillé les soupçons en commandant une bouteille de cidre dans un pub, à 9 heures du matin. Il parle avec un accent étranger et ne sait pas qu'on ne peut pas acheter de l'alcool à cette heure matinale ? Le patron alerte la police qui le retrouve, entraînant l'arrestation de ses trois autres complices.

       Ils sont interrogés pendant 6 semaines par les services du MIS. Le 24 octobre, ils sont les premiers à être poursuivis pour acte de trahison. Waldberg plaide coupable, Meier et van den Kiekenboom nient. Pons explique qu'il a été enrôlé sous la contrainte par la Gestapo et obligé de participer à cette expédition. S'il n'acceptait pas, son père serait arrêté. Un tribunal réuni en secret les juge à Londres. Les trois premiers sont condamnés à mort. Pons est libéré... avant d'être arrêté de nouveau.

       Le 10 décembre, à 9 h du matin, Meier est exécuté par pendaison à la prison de Pentonville. Waldberg le suit sur la potence quelques minutes plus tard et van den Kieboom attend une semaine pour subir le même sort.
Aujourd'hui, les médias anglais s'intéressent à leur histoire. Les documents ont été rendus publics par les services de contre-espionnage et on apprend que ces personnes n'ont pas eu droit à un procès équitable.
Parlant très mal l'allemand, Waldberg prétendait être... belge et fut d'ailleurs interrogé en français. Son vrai nom ? Henri Lassudry. S'il avait plaidé coupable, c'était sur conseil de son avocat qui avait omis de lui dire qu'il encourait alors la peine de mort. Il croyait pouvoir s'expliquer devant le juge qui mit trois minutes à le condamner. « J'ai été trompé lâchement. » cria-t-il. Il écrivit quatre lettres : l'une à Hélène Ceuppens, à Ixelles, sa petite amie. L'autre à ses parents, rue des Colonies à Bruxelles. Une troisième à son oncle Pierre habitant en France, la dernière à une certaine Antoinette Lassudry à l'Institut des Filles de la Sagesse à Durbuy. Jamais ces lettres ne furent envoyées par la Croix- Rouge. Elles ont été conservées par le MIS et rendues publiques récemment. Lassudry explique qu'il avait d'abord été arrêté par la Gestapo qui, comme pour Pons, l'avait menacé d'en faire de même avec son père s'il n'espionnait pas pour les Allemands.

       A peine arrivé sur le sol anglais, le Belge avait envoyé trois messages codés à l'aide de son matériel de radio transmission. Mais la question reste ouverte : les Anglais ont-ils pendu un innocent ?

VICTOR ROYEN, LE DERNIER SURVIVANT DU FORT D'AUBIN.



Victor Royen

       Thomas Herens a fait une découverte plutôt étonnante le mois dernier. Le conservateur du musée du Fort d'Aubin-Neufchâteau est parvenu à entrer en contact avec le dernier officier en vie du Fort durant la seconde guerre mondiale. Malgré ses 101 ans, ce dernier lui avait donné une mine d'informations sur ce lieu historique. « C'est en feuilletant l'annuaire téléphonique que j'avais retrouvé les traces de cet ex-officier. Je ne disposais simplement que de son nom, son prénom et sa date de naissance ».

       Ce dernier se nommait Albert Flagothier. Malheureusement, il est décédé le 27 octobre dernier[1]. « Il était né le 8 juin 1913. Un jour, je suis tombé sur ce nom de famille dans les Pages Blanches. J'ai rapidement appelé le numéro inscrit sous mes yeux. La personne qui m'a répondu m'a notamment dit: « Albert Flagothier, c'est mon père ! Oui, il est toujours en vie. Et c'est ainsi que j'ai eu la chance de le rencontrer » énonce Thomas Herens.

       A présent, il n'existe plus qu'un seul survivant du Fort d'Aubin-Neufchâteau. Il s'agit de Victor Royen. « Ce dernier est né le 23 novembre 1917 à Aubel. Il fêtera donc ses 99 ans dans quelques jours[2]. Il est arrivé au Fort le 25 février 1937. Il a reçu le matricule 290/4952 et était affecté à la coupole B1comme tireur. Après un an de service militaire, il a été démobilisé mais a été rappelé à quatre reprises (à savoir en septembre 1938, en juin 1939, en juillet 1939 et en septembre 1939). Il se trouvait dès lors au Fort lors de la déclaration de guerre ».

       Royen a donc subi tous les bombardements en étant dans la coupole avec quatre autres soldats.
« Mais j'ai eu la chance de ne pas être blessé » avoue-t-il. « Le 21 mai 1940, c'était le grand départ pour la captivité. Et ce, jusqu'au 17 octobre 1940. En fait, j'ai été libéré car je ne savais pas parler la langue allemande. J'ai ainsi travaillé dans une ferme puis dans une laiterie en attendant la fin de la guerre ».



Avec son diplôme

       Thomas Herens l'atteste. Victor Royen n'a jamais regretté les années passées à Aubin-Neufchâteau. « Lorsque je lui rends visite, il me répète encore que si c'était à refaire, il le ferait. » nous confie le conservateur du musée aubinois. « Il a toujours une excellente mémoire et ses souvenirs sont nombreux. Je l'ai rencontré à plusieurs reprises pour l'interviewer. Il a été nommé, au nom de notre ASBL Lieutenant d'Honneur le 25 avril 2015 et a reçu un modeste diplôme. Lors de mes visites, il a pu m'éclairer sur certains détails concernant le Fort. Comme il a très bien connu les soldats Straetmans et Schmetz, tués tous les deux en mai 1940, il m'en a dit davantage sur eux. C'est un réel plaisir de le rencontrer, de bavarder avec lui du passé et de l'écouter raconter ses anecdotes. »

Yannick Goebbels du Journal « La Meuse» du 21 novembre 2016

 

 



[1] Cet article date du 21 novembre 2016

[2] Cet article date du 21 novembre 2016



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