Maison du Souvenir
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1.146 baraques en bois destinées au Congo seront livrées
aux Ardennais en 1945 !
La Roche en ruines Le billan de la Bataille des Ardennes est très lourd : aux 40.000 Américains tués s’ajoutaient
plus de 2.500 civils ! Les dégâts matériels constituent un véritable
cataclysme pour la région car 200 localités ont été totalement ou partiellement
détruites. Plus de onze mille maisons sont à reconstruire. Après les combats la
mort sera encore au rendez-vous puisqu’une centaine de démineurs succomberont sur
les sept cents affectés à l’enlèvement des charges explosives dispersées par
les belligérants. Dans les années qui suivent, des dizaines de civils seront
encore victimes des munitions abandonnées. Il y a aussi les hôpitaux qui sont
incapables de fonctionner malgré les nombreux cas de diphtérie, de pneumonie et
de malnutrition. Les routes et ponts détruits rendent le chaos encore plus
dramatique comme ce jour ou un camion américain emmenant des enfants vers Liège
verse dans la rivière à Vaux-sur-Chèvremont. Un commissaire du gouvernement est
envoyé à Arlon pour veiller à la reconstruction et à la défense de la
population Et il aura fort à faire. Les premiers trains de vivre et 50 camions
n’arrivent à Arlon qu’au début février en ayant dû emprunter les roues
françaises préservées, passer par Longwy avant de rejoindre l’Ardenne belge.
Les Américains fournissent l’essence et des vivres et couvertures. Pour la Belgique
libérée, le défi est de taille puisqu’aucune disposition budgétaire et législative
n’existe pour compenser les dommages de guerre. Ce sera voté seulement en 1947.
Les secours d’Hiver et la Croix-Rouge sont en première ligne. L’Ardenne se sent
abandonnée et les Houffalois manifestent en faisant
un tour de Belgique en exhibant un cochon miraculeusement retrouvé dans la cave
d’une villa détruite. La solidarité joue heureusement. Julius Hoste[1]. Considéré comme l’un des
promoteurs du mouvement flamand, lance un appel au parrainage des villes et
villages martyrs. Bruges adopte Bastogne, Alost adopte Rochefort et Schaerbeek
vient en aide à Houffalize pendant que Bruxelles
porte secours à Stavelot. Au Ier août, Stavelot avait reçu 225 tonnes de
vivres, 6.600 pièces de vêtements, 106.000 objets de ménage, 24 tonnes de pommes
de terre et le versement de 832.000 francs. Début février, des convois partis
de Schaerbeek et conduits par le bourgmestre Jase et
par son successeur et prédécesseur Fernand Blum apportent des biens de première
nécessité à Houffalize. Depuis lors, l’amitié entre
les deux communes n’a jamais cessée. Son symbole est la statue de Pogge, paysan
folklorique schaerbeekois dont une reproduction fut
offerte en 1952 à Houffalize.
Pogge est un personnage folklorique fort connu à Schaerbeek. Il symbolise autant le paysan madré, balourd et un tantinet bonasse que le joyeux compère qui ne crache pas sur un verre de gueuze. Il rappelle surtout la vivacité du passé rural de la commune devenue malgré elle citadine. Pogge n'est pas un héros mythique. En réalité, il s'agit d'un certain Pierre De Cruyer, né le 19 juillet 1821. Le sculpteur Louis Van Custem a reconstitué l'effigie du héros. Deux exemplaires existent, l'un se trouve à Schaerbeek et l'autre à Houffalize. Niché dans le rocher, le Pogge perpétue le souvenir et défend l'amitié qui unit les deux cités. Par ailleurs Schaerbeeck
a renommé une de ses places en « place d’Houffalize »
tandis que la cité ardennaise a baptisé du nom de Schaerbeek une de ses rues.
Des sapins de Noël envoyés à Schaerbeek sont le rappel du jumelage entre les
deux cités. Dans les campagnes meurtries, il faut
aussi remplacer plus de 3.000 chevaux indispensables au travail forestier ainsi
que des milliers de bovins. Dès 1945, des baraquements en bois sont mis à la
disposition des habitants. 1.146 exactement qui étaient initialement destinés
au Congo belge. 200 sont érigés à Houffalize, 80 à La
Roche ou 225 font fonction d’étables. A La Roche, deux quartiers « Matadi «
et « Goma » ont été ainsi appelés en souvenir de l’héritage
congolais. Progressivement des fonds vont se libérer mais ce n’est qu’en 2008
que Manhay pu recevoir son indemnité de 7 millions d’euros.
Baraques en bois de La Roche vers 1946 Pour ce qui est du sort des assassins de
près de 300 militaires américains dont 83 massacrés après avoir été faits prisonniers
à Baugnez et de la centaine de civils belges
exécutés, 74 d’entre eux furent jugés à Dachau fin mai 1946. Parmi eux se
trouvaient le général Sepp Dietrich et son adjoint le lieutenant-colonel
Joachim Peiper. Ce dernier et 53 autres accusés sont condamnés à mort mais
leurs avocats saisissent la Cour Suprême des Etats-Unis et obtiennent la
création d’une commission d’enquête qui, sous la direction du juge Simpson,
recommandera la commutation des peines de mort en peines prison à perpétuité
qui finalement seront réduites à quelques années de réclusion. Peiper sortira
de prison en 1956. Il trouvera du
travail chez Porsche qu’il quittera après une dénonciation syndicale. En 1972,
il s’installera à Traves en Haute-Saône. Il est finalement reconnu et le 14
juillet 1976, sa maison est incendiée par le jet de cocktails Molotov. Des
voisins entendent huit coups de feu tirés par Peiper. Son corps est retrouvé
carbonisé mais les légistes ne peuvent l’identifier formellement… Dr Loodts P. Source : Marc Metdepenningenn,
« La Belgique solidaire de l’Ardenne défigurée par la bataille », article
paru dans le Journal Le Soir de 30 décembre 2019. [1] Journaliste et dramaturge belge d’expression néerlandaise. Fondateur, avec Charles Buls, du Théâtre Flamand en 1887, année au cours de laquelle il crée également le journal Het Laatste Nieuws. Nombre de Visiteurs depuis le 28 Mars 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
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