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Grêle de V1 et de V2 sur Liège.

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Grêle de V1 et de V2 sur Liège[1]

 

De septembre 44 à janvier 45, la région liégeoise a subi plusieurs vagues d’attaques de V2 et de V1. Au total, ces « bombes volantes » ont tué 2.400 civils.


Pendant l’automne et l’hiver 44, les « bombes volantes » allemandes ravagèrent de nombreux quartiers de Liège. (Photo D.R.)

     Trois semaines plus tôt, Liège venait d’être délivrée par les Américains. Le 26 septembre, les lampions de cette libération tant espérée n’étaient pas encore complètement éteints qu’une explosion pulvérisa une dizaine de maisons rue Adrien Cartier à Herstal !

     La déflagration tua dix-sept personnes et fit un grand nombre de blessés. Elle avait été provoquée par un projectile inconnu de la population à l’époque et qui restera mystérieux de long mois encore. L’état-major américain imposa un black-out sur ce drame. Ni les autorités locales, ni la presse écrite, ni la radio n’y firent allusion. Tout comme elles ne parlèrent pas des autres engins qui s’abattirent jusqu’à la fin de janvier 1945 sur l’agglomération liégeoise, souligne Lambert Grailet, qui s’est minutieusement penché sur cet épisode particulièrement meurtrier de la fin de la dernière guerre.

     Le projectile qui ravagea cette rue herstalienne proche de la FN était un V2, une arme secrète conçue par Wernher von Braun devenu ensuite célèbre pour sa contribution beaucoup plus pacifique à l’aventure spatiale. Les V2 étaient des fusées, et leur utilisation en 1944 a donc marqué le début de l’ère spatiale, commente Lambert Grailet, qui avait 20 ans en 1944 et a été un des témoins « privilégié » des ravages commis par les V2 et les V1[2]. A l’époque, il était, en effet, volontaire à la Croix-Rouge. Historien amateur, il a consacré, en 1994, trois opuscules aux attaques des V, V2 et V3.

     Pour, la Cité ardente et ses alentours, le 26 septembre fut le début d’une vague de sinistres « averses ». En moins de trois semaines, 27 V2 s’abattirent sur l’agglomération. Et le pire de l’avalanche restait à venir. Jusqu’à la fin de janvier, la région a encore dû subir deux grandes phases d’attaques aériennes perpétrées cette fois par des V1. Jamais les Liégeois ne surent exactement en quoi consistaient ces engins de mort. Ils les surnommèrent donc les « bombes volantes » ou encore les « robots ».

     Au total, 2.141 de ces « bombes volantes » ont arrosé la province de Liège. Avec Londres et Anvers, la Cité ardente fut tout particulièrement visée par les « robots » nazis.

     Dans l’optique de la bataille d’Aix-la-Chapelle et de la préparation de la campagne des Ardennes, Liège constituait un objectif majeur pour les Allemands, explique Lambert Grailet. L’armée américaine avait rassemblé une énorme quantité de carburant à l’île Monsin, et la plaine de manœuvre de Droixhe était devenue un de ses importants centres logistiques.

     Heureusement pour l’US Army, les V1 et les V2 ne brillaient pas spécialement par leur précision. Ils ratèrent donc en grande partie leurs cibles stratégiques. En revanche, la population paya un très lourd tribut à cette grêle de projectiles. Contrairement à Londres et à Anvers, Liège ne disposait pas d’une défense antiaérienne performante. Beaucoup moins de « bombes volantes » y furent mises hors d’état de nuire, fait observer Lambert Grailet. A Londres on a ainsi dénombré 1,5 impact de projectiles par kilomètre carré. A Anvers, on a relevé 4,2 impacts et Liège en subit 5,7 par kilomètre carré. Pour l’ensemble de la province, on peut avancer le chiffre de 2.407 morts, dont environ 2.000 rien que pour l’agglomération liégeoise, constate-t-il. Un bilan très lourd si on compare avec la bataille des Ardennes qui a, elle, coûté la vie à 2.500 civils.

     En outre, 2.809 maisons ont été détruites, souligne Lambert Grailet, 20.588 habitations ne sont redevenues habitables qu’après de gros travaux et 72.000 autres ont dû faire l’objet de consolidations urgentes.



[1] Article écrit par Daniel Conraads et paru dans le journal « Le Soir » du mercredi 29 décembre 2004.

[2] V comme... Vergeltungswaffe qui signifie « arme de représailles ». V2 Cette fusée conçue par Wernher von Braun, a été tirée pour la première fois le 8 septembre 1944 depuis Gouvy en direction de Paris. Le V2 mesurait près de 15 mètres de haut, 1,6 m de diamètre et pesait environ 13 tonnes. Il transportait 975 kilos d’explosifs et pouvait parcourir jusqu’à 300 kilomètres à vitesse maximale de 5.535 km/h. V1 Avion sans pilote de 2,2 tonnes, pour 5,3 m d’envergure et 7,7 m de longueur, il ne pouvait atteindre « que » 580 km/h et parcourir 240 km. Ils étaient équipés de 848 kilos d’explosif. Le passage du dernier V1 au-dessus de Liège fut signalé le 17 mars 1945. V3 Il s’agissait d’obus tirés depuis des rampes de lancement mobiles. Ils pesaient environ une tonne et pouvaient parcourir 60 km. Ils ne furent pas utilisés contre Liège, mais bombardèrent Luxembourg où étaient concentrés divers états-majors US.



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