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La résistance durant la guerre 1940-1945.

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La résistance durant la guerre 1940-1945[1].

 

par Antoine Léonard

 

Le 10 mai 1940, pour la deuxième fois en quelques décennies, les Allemands envahissaient notre  pays. Mais, dès octobre-novembre de la même année, les premiers signes de résistance à l’occupant se manifestaient. L’opinion sortait de sa torpeur ; les Allemands, malgré leur puissante aviation, avaient échoué en Angleterre et chacun sentait, que cette guerre risquait de durer longtemps mais… qu’elle n’était pas perdue d’avance !

C’est ainsi que d’anciens journalistes clandestins de 1914-18 reprirent le collier aidés par de nombreux autres plus jeunes et, à côté de ces résistants du papier et du micro, voici que très vite apparurent les résistants de terrain.

Ceux-ci vont se répartir selon deux types : les « mouvements » et les « réseaux de renseignements et d’évasions ».  On les trouvera un peu partout sur notre territoire : aussi bien dans les villes que dans les campagnes.

Comme « Mouvements » qui s’étaient formés, il y avait, entre autres : l’Armée Secrète (A.S) – le « Front de l’Indépendance » (F.I) – le « Mouvement National Belge (M.N.B.), et bien d’autres…

Quant aux « Réseaux », citons notamment le réseau « Clarence » et le réseau « Comète »…[2]

Dans les lignes qui vont suivre, nous parlerons principalement du réseau « Clarence » dont le fondateur était Walther Dewez ; nous évoquerons également le nom de différents agents de  Visé et des Fourons qui faisaient partie de ce mouvement.

 

***

Walthère Dewé est certainement un des plus grands résistants belges, on pourrait même ajouter l’un des plus grands de toute la résistance européenne, car il fut, à ma  connaissance, le seul homme qui fondit un réseau de renseignements clandestin au cours des deux guerres mondiales.

Dès septembre 1939, il constitue « le Corps d’observation belge ». Ce Corps va notamment recueillir en Allemagne des informations sur l’industrie, les armements, les forces militaires du Reich. Il prévient Belges, Britanniques et Français qu’une invasion est imminente et demande que l’on renforce immédiatement les mesures de défense… Mais c’est déjà trop tard !

Dès le mois de juin 40, il fonde un nouveau réseau de renseignements appelé « Clarence ». Il est aidé en cela par l’ingénieur Hector Demarque. Dewé recommence alors sa vie de proscrit et parcourt le pays pour recruter des agents, nouer des contacts, développer son organisation de renseignements. Son réseau comptera jusqu’à 1547 personnes.

Le 14 janvier 1944 il est arrêté par la police allemande mais il parvient à s’échapper et se sauve vers la rue de la Brasserie à Ixelles. Hélas pour lui, un officier de la Luftwaffe, montant cette rue lui barre le passage et, avec son revolver, tire sur lui et le tue. La Résistance perdait le plus grand de ses chefs.

 

***


Faisons un retour en arrière et revenons au début de la guerre. A Fouron-le-Comte, le docteur Jules Goffin, qui avait déjà travaillé avec Walthère Dewé dans le réseau « La Dame Blanche », reprend ses activités d’espionnage et se charge de l’organisation du groupe dans sa région.

Il va pouvoir compter  sur l’aide de nombreuses personnes qui, comme lui, voulaient  lutter pour la liberté et l’indépendance de notre pays.

Après la première guerre mondiale, en 1920, Jules Goffin étudie la médecine à Louvain. Cinq ans plus tard, son diplôme en main, il commence à exercer comme médecin à Fouron-le-Comte. Il pratique dans la région et dans plusieurs villages hollandais situés le long de la frontière. Le 10 mai 1940, il évacue en France avec ses quatre enfants car, ayant déjà fait de la résistance au cours de la première guerre, il est recherché par les Allemands. Après un mois passé dans les villages de Salvat-sur-Agout et Clermont-l’Hérault il rentre avec sa famille à Fourons et exerce à nouveau sa profession  de médecin et de pharmacien. Il reprend également contact avec Walter Dewé. Ils mettent sur pied un groupe de résistance appelé « Service Clarence ». Ce service consiste essentiellement à récolter le plus grand nombre d’informations sur les transports allemands par voie ferrée telles que le nombre de véhicules transportés : tanks, camions, pièces d’artillerie, troupes transportées ainsi que le repérage des insignes caractérisant les divisions qui allaient vers le front.

Il faut dire que Visé était très bien situé. Elle était le centre de deux importants réseaux ferroviaires : les trains venant de la Ruhr via Venlo passaient par Visé ainsi que ceux qui allaient d’Aix-la-Chapelle à Tongres.

Dewé et Goffin recrutèrent des cheminots tels que Jean Vanwissen, sous-chef de gare à Visé ; Henri Syben, garde aiguilleur à Visé-Haut, Henri Straet, garde-aiguilleur à Fouron-Saint-Martin. Tous n’étaient pas cheminots ! Il y avait notamment Théo Brentjens, commandant de gendarmerie à Fouron-Saint-Martin, l’abbé Van den Dungen et Alphonse Smeets d’Eijsden, de Mme Mariette, commerçante rue du Pont à Visé, M.M. Demain père et fils, quai du Halage à Visé…

Les renseignements récoltés étaient acheminés chez Mademoiselle Jeanne Claessens, directrice de l’école des garçons à Fouron-Le-Comte. Elle aussi fait partie du groupe d’espionnage « Clarence ». Elle transmettait les informations à l’abbaye de Val-Dieu. Là, deux pères de l’abbaye travaillaient également pour le groupe Clarence. Le père Etienne était aussi ce qu’on appelait alors « un agent promeneur », tandis que le père Hugues transmettait à Londres les informations recueillies. Entre Visé et Val-Dieu, c’est le coureur cycliste amateur, Guillaume Flechet de Warsage qui communiquait les renseignements récoltés.

Un deuxième poste émetteur fonctionnait également au château d’Eijsden. L’opérateur était Jef Smeets. Il transmettait les renseignements récoltés par différents agents, dont notamment le chef de gare de Maastricht Alphonse Dresen. Ceux-ci travaillaient en parfaite collaboration avec les agents de Visé et Fourons.

Très souvent, le docteur Goffin incitait ses agents à ne s’occuper que du renseignement mais quelques-uns, voulaient aussi aider des prisonniers évadés, des juifs ou des aviateurs. A force d’insister, au cours de l’hiver 1941-1942, le docteur, via le comte Raphaël de Liedekerke d’Eijsden, prit contact avec le groupe « Luc-Marc » du capitaine Arthur Renkin. Celui-ci, liégeois d’origine, était chef de l’harmonie Sainte-Cécile d’Eijsden et, avec le lieutenant Nicolas Erkens, ils dirigeaient la résistance dans le Limbourg hollandais.


Jean Vanwissen, sous-chef de gare à Visé. (Doc. Guy Vanwissen, son fils.)

Ainsi donc, comme nous l’avions vu dans l’article précédant, au cours de l’hiver 1941-1942, le groupe d’espionnage « Clarence », dont le responsable pour la région était le docteur Goffin, s’était associé, un peu contre son gré, au groupe « Luc-Marc[3] » dirigé à Liège par le capitaine Renkin ainsi qu’avec le lieutenant Nicolas Erkens dirigeant la résistance dans le Limbourg hollandais.

Je dis « contre son gré » parce que le docteur Goffin aurait préféré s’occuper uniquement du renseignement car, pensait-il, le danger de prendre également en charge des prisonniers évadés, des aviateurs tombés sur notre sol ou en Hollande pouvait devenir trop grand.

Le docteur avait malheureusement vu juste. Peu de temps après cette coopération  triangulaire, de graves problèmes commencèrent à s’accumuler sur le groupe des résistants.

Que s’est-il passé ?

Durant le deuxième trimestre de l’année 1942, les services de contre-espionnage allemand parvinrent  à s’infiltrer dans le groupe grâce à deux Hollandais, Jos Hoosemans et Gé Stellbring. Ce dernier, suite à l’imprudence d’un jeune pilote, parvint à obtenir  le mot de passe utilisé par les résistants et à se faire adopter comme courrier du groupe « Luc-Marc ». Quatre mois plus tard, les Allemands étaient au courant du fonctionnement de la résistance ainsi que les noms de ceux qui en faisaient partie et les arrestations débutèrent très tôt le matin du 15 octobre 1942. A Liège, les Allemands capturèrent plusieurs membres de « Luc-Marc » tels que Raoul et Juliette Demoulin, Aloïs Keeren de Rémersdael, Joseph Meertens, Berthe et Jeanine Renkin Yvonne Tonka ainsi que quelques autres. Le même jour, la même scène se produisit à Fouron.

Marie-José, une des filles du docteur Goffin raconte[4] : « Mon père a été arrêté le 15 octobre 1942. On a sonné à la porte à cinq heures du matin. Mon père est allé à la fenêtre pour voir qui c’était. La Gestapo lui a ordonné d’ouvrir la porte, ce qu’il fit. Maman et nous, les enfants, fûmes enfermés dans la chambre de nos parents. Un des Allemands montait la garde dans le corridor. Maman a téléphoné avec le téléphone de nuit. A cette époque, avant d’avoir sa communication, on passait par une téléphoniste de la centrale de Warsage, et maman raconta en bref ce qui se passait à madame Sieben, qui occupait cette fonction à ce moment-là. Elle lui demanda de prévenir le commandant de Gendarmerie  qui faisait également partie de la résistance. Plus tard dans la matinée, maman entendit passer Melle Claessens. Elle l’avait reconnue à sa démarche. Elle alla à la fenêtre et lui fit signe, en désignant les voitures allemandes, pour qu’elle comprenne que la Gestapo était à la maison. Plus tard, nous avons appris que Melle Claessens n’était pas allée à la messe, comme prévu, mais qu’elle s’était rendue à l’école à vélo pour brûler tout le matériel compromettant. »

Peu après, à Eijsden, le Comte Raphaël de Liedekerke, Alphonse Smeets et son épouse Leida, son frère Hubert, ses fils Jan, Alphonse Jr et Dirk Sleeuwenhoek subirent le même sort. Seul, Jef Smeets, l’opérateur, parvint à s’échapper. Quelques jours plus tard, le 5 novembre 1942, étaient également arrêtés à Eijsden, la Comtesse Elisabeth de Liedekerke, les espions Arpots, Jef Partouns, Jef Reintjens ainsi que six pères capucins et le 11 novembre ce fut le tour du vicaire Louis Van Den Dungen d’Eijsden, à Maastricht du chef de gare Alphonse Dresen et à Sittard de Nicolas Erkens.


Château d’Eijsden

Après six semaines d’emprisonnement et d’interrogations musclées à la prison Saint-Léonard de Liège, Jules Goffin et les autres résistants belges arrêtés le même jour, rejoignirent les résistants hollandais au couvent des Franciscains de Maastricht, siège de la gestapo. De là, les Allemands emmenèrent tous les prisonniers au camp  de Vught situé près de Hertogenbosch.

Cependant, les compagnons du docteur Goffin qui n’avaient pas été arrêtés cessèrent pendant quelque temps leurs activités puis, le calme revenu, ils reprirent leur service sous la conduite du père Etienne de Val-Dieu. De nouveaux résistants vinrent combler les vides laissés par les arrestations tels que Léon Claessens, Albert Conraads de Berneau, Léon Ghysen de Bombay ainsi que Yvon Syben de Mouland, fils d’Henri Syben. Yvon était facteur des postes entre Visé et Lanaye et pouvait, sous le couvert de son travail, observer sur le canal Albert, le transport du ciment qui allait servir à l’édification du mur de l’Atlantique.

Aux environs du mois de mars 1943, les Allemands détectèrent l’activité du poste émetteur de Val Dieu et le 18 mars de nouvelles arrestations eurent lieu. C’est ainsi que furent arrêtés Jeanne Claessens, Henri Syben et les deux pères Hugues et Etienne de Val Dieu. Par contre, Jean Vanwissen, par miracle, parvint à s’échapper.


Les pères Etienne et Hugues de Val-Dieu

Ces nouveaux prisonniers furent confrontés au docteur Goffin puis ils furent tous transférés à Utrecht en juin 1943.

Le samedi 9 octobre de la même année, on fusilla Jules Goffin ainsi que les deux pères de Val Dieu, le comte Raphaël de Liedekerke, Alphonse et Hubert Smeets, Nicolas Erkens et Alphonse Dresen. Après l’exécution, les victimes furent incinérées. Par contre, la comtesse Elisabeth de Liedekerke, Jeanne Claessens, Léonie Husson, Aloïs Keeren, Raoul et Juliette Demoulin, Jeanine Renkin et Alphonse Smeets Jr furent acquittés.

Le samedi 26 juin 1948, grâce aux autorités néerlandaises, les urnes contenant les cendres des héroïques résistants parvinrent à Eijsden et une manifestation patriotique de circonstance eut lieu à la « Maison Blanche » à la frontière.

Comment se passaient les évasions ?

Il faut savoir que dès la fin de 1940, plusieurs lignes d’évasion vers l’Angleterre via l’Espagne se mirent en place et fonctionnèrent jusqu’en 1944 malgré les coupes sombres de la Gestapo.


La ferme Otten de Navagne

Concernant le groupe Clarence du docteur Goffin, aux environs de la moitié de l’année 1942, en plus des prisonniers français évadés et des juifs en fuite, vinrent s’ajouter des aviateurs alliés abattus en Hollande et dans notre région. Il fallait regrouper tout ce monde, souvent les habiller en civil afin de les acheminer vers la liberté. Dans notre région, deux des points dangereux étaient le passage sous le « pont des Allemands  et la gare de Visé » gardés nuit et jour. Tout d’abord, les évadés étaient regroupés dans le couvent des Capucins à Breust-Eijsden, puis de là, ils étaient conduits à la ferme du château du comte Raphaël de Liedekerke à Eijsden exploitée par Alphonse Smeets. Son fils  Jan Smeets, aidé par son frère Alphonse Smeets et par le douanier Dirk Sleeuwenhoek les prenaient alors en charge et les accompagnaient jusqu’à la ferme de Guillaume Otten. Les évadés se cachaient dans une étable servant de refuge au bétail jusqu’à ce qu’un moment propice pour l’évasion  se produise. Lorsque le moment était arrivé, ils étaient conduits vers un buttoir d’une voie de garage de la SNCB qui passait sous l’arche du grand viaduc. Sur cette voie, stationnaient en permanence des wagons qui servaient de « tunnel » aux évadés. Ils la franchissaient à quatre pattes la nuit. Le jour, la tactique était différente car ils simulaient des cheminots au travail ou longeaient le convoi sous la conduite de Jean Vanwissen qui les faisait grimper dans les trains[5]. Ceux-ci prenaient la direction de Liège. Les évadés, qui étaient cachés sous un faux plancher dans le wagon du chef-train étaient débarqués à Amercoeur car à cet endroit, les trains ralentissaient assez fort et ils pouvaient sauter sans trop de danger sur le sol longeant la voie. Si la voie d’évasion de Navagne s’avérait trop dangereuse, les résistants utilisaient le passage par la ferme d’Alphonse Smeets « La Moinerie » à Warsage puis prenaient le tram Warsage-Dalhem-Liège. Au débarquement de ces deux modes de transport, Freddie Zommers et Yvonne Tonka les prenaient en charge et les conduisaient à la torréfaction de café de Joseph Meertens, rue Dumont et de là, par Méry, Heer–Agimont, non loin de Givet où ils étaient pris en charge par d’autres résistants, pour traverser la France  et l’Espagne avant de gagner l’Angleterre.


Diplôme accordé par l’Intelligence Service à M. Jean Vanwissen pour services rendus de 1940 à 1943.

Anecdotes historiques.

  1. Le train d’Hitler.

Un jour de février 1943, Jean Vanwissen et le chef de gare allemand sortent de leur bureau et se dirigent vers le quai. Là, un train vient d’arriver. Il s’agit du train d’Hitler. Tout le long du quai ainsi que le long de l’avenue de Navagne, de très nombreuses sentinelles lourdement armées veillent à la sécurité du Führer ! Innocemment, Jean Vanwissen demande au chef dans quel wagon Hitler se trouve et où il se rend ? C’est dans le deuxième wagon qu’il se trouve, répond-il, et il lui communique également la destination de ce train. Quelques heures plus tard ces renseignements furent envoyés en Angleterre. Malheureusement, sans résultat !

  1. Le carnet de notes du chef de gare allemand.

Une nuit de janvier 1943 un train entrait en gare de Visé. Le chef de gare allemand quittait son bureau et allait comme d’habitude sur le quai afin de voir si tout était normal. Il attendait que le train soit parti pour rentrer dans le bureau qu’il avait en commun avec Jean Vanwissen et noter différentes coordonnées de celui-ci dans un carnet « top » secret. Or, il y avait eu un consensus au sein du Service Clarence pour que ce document soit subtilisé car il contenait des données qui intéressaient les services d’espionnages anglais. Profitant de l’absence momentanée de l’Allemand, Jean Vanwissen s’empara du carnet, le mis dans une petite mallette, sortit de la gare et courut jusqu’à son domicile situé au bas de la rue de Sluse et déposa celle-ci dans le corridor de sa maison pour  revenir ensuite à la gare. Le chef était toujours sur le quai ! Quelques instants plus tard, ce dernier rentrait, ouvrait le tiroir de son bureau pour prendre son carnet mais ne le trouva plus malgré ses recherches de plus en plus fébriles ! Il demanda même à Jean Vanwissen s’il n’avait pas vu celui-ci. Entretemps, le coursier travaillant pour les résistants avait été prévenu. Il vint chercher la mallette et la transporta à vélo chez les pères de Val-Dieu  et de là, par la filière habituelle, acheminée vers l’Angleterre par un lysander[6]. C’est par la BBC que les résistants furent avertis que le précieux colis était bien arrivé. Les deux jours suivants, l’officier allemand ne vint pas prendre son service à la gare et le troisième jour il vint reprendre ses objets personnels. Il dit à Jean Vanwissen qu’il était envoyé sur le front russe pour avoir égaré son fameux carnet.

  1. Le bombardement de la gare de Visé.

Lors des dernières arrestations des résistants au mois de mars 1943, Jean Vanwissen était parvenu à se sauver et s’était réfugié à Rethel, petite ville au Nord de la France. Il y resta  jusqu’à la fin du mois de juin. Il revint en Belgique mais continua à se cacher jusqu’au début octobre pour reprendre son service à la gare après avoir été soi-disant malade pendant tout ce temps !

A partir de janvier 1944, il recommença ses activités d’espionnage avec Lucien Remacle, sous-chef de gare également à Visé. Les deux amis travaillaient avec le groupe de résistants « TEGAL » qui était très actif dans la province de Liège. Ils renseignèrent les Alliés de la position exacte des batteries anti-aériennes installées au nord de la gare. A partir de ce jour, Jean Vanwissen écoutait à la radio les « messages personnels » envoyés par la BBC. Lorsqu’il entendit un jour le message suivant « Nous remercions nos amis d’Eupen et Malmedy » il sut qu’un bombardement allait avoir lieu dans les trois jours au coucher du soleil. Le lendemain, Jean et son fils Guy se trouvaient sur l’île Robinson occupés à pêcher lorsque soudain ils entendirent et virent des avions américains lâcher des bombes sur la gare et le grand viaduc. De très nombreux soldats allemands furent tués. On était le 17 août 1944.

(Je tiens à remercier tout spécialement Monsieur Guy Vanwissen pour les informations, les photos et l’aide qu’il m’a apportées lors de la rédaction de cet article).

 

 

 

 



[1] Article parut dans « Le Papegaie » le journal des Anciens Arquebusiers de Visé.

[2] Pour plus d’informations, tapez « La Résistance Belge 1940-45 » sur Google.

[3] Le groupe « Luc » avait été fondé par un Bruxellois du nom de Georges Leclercq. Ce dernier avait élaboré, dès l’été 1940, une filière d’évasion pour les prisonniers de guerre. Il était aidé en cela par André Cauvin et Henri Bernard. En octobre 1942, « Luc » change de nom et devient « Marc ».

[4] Tiré du livre « Résistance dans les Fourons – Le groupe d’espionnage « Clarence » pendant la Seconde Guerre Mondiale »  – Editeur responsable : Groupe Retour à Liège – J. Smeets.

[5]  On ne peut passer sous silence la collaboration des machinistes et des chefs-trains anonymes qui prirent, eux aussi, des risques inouïs en embarquant le plus souvent au nombre de sept, ces passagers clandestins.

[6] Lysander : avion d’observation à atterrissage court qui se posait dans nos Ardennes environ tous les trois jours.

 



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