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Le général américain Lesley McNair
victime de l’énigme qu’il devait résoudre…
Le général Lesley McNair Le général McNair
fut le grand réformateur de l’armée américaine dans les années précédant la
Seconde Guerre mondiale. Cet officier avait acquis une compétence
impressionnante dans le domaine technique en ayant effectué des compléments d’étude
notamment en métallurgie. Il devint donc expert dans le choix des armes
d’artillerie. Dans la suite de sa carrière, il montra aussi des dons
exceptionnels d’organisateur. C’est ainsi qu’on lui confia la réforme de la
« bible » de l’armée, le Field Manuel Service suivi peu après
par la gestion de l’extension de l’armée terrestre qui passa de 780 000 hommes
et officiers en mars 1942 à plus de 2,2 millions en juillet 1943 et à plus de 8
millions en 1945. Ce logisticien hors-pair eut une carrière remarquable que
vous trouverez détaillée dans la rubrique wikipedia
qui lui est consacrée Peu avant le débarquement de Normandie,
Lesley McNair est nommé, en remplacement de Patton,
chef du 1er groupe d'armée
des États-Unis, unité fictive créée dans le cadre de l'opération Quicksilver et qui, stationné en Angleterre,
devait constituer un leurre pour l’ennemi avec ses milliers de véhicules
factices… Mais plus d’un mois après le
débarquement de Normandie, les Américains pataugent dans le Cotentin et sont
empêchés par la résistance de la division allemande blindée Lehr.
Le général Omar Bradley, commandant de la 1re armée, la conçoit
ainsi : un bombardement aérien de saturation (« Carpet
bombing ») sur un périmètre restreint qui doit
annihiler toute défense et créer la brèche dans laquelle devraient s'engouffrer
ses unités. Son choix s'est porté à proximité de Saint-Lô le long de la route
menant à Périers. Le lundi 24 juillet 1944, les alliés
entament ce bombardement stratégique à haute intensité mais il tourne au
désastre. De nombreux avions alliés bombardent une partie des premières lignes
américaines, tuant 25 soldats américains et blessant 131 hommes. Certaines
unités américaines, folles de rage, ouvrirent le feu sur leur propre aviation. Il s’agit d’une erreur de
synchronisation entre la force aérienne et la force terrestre.
Sur cette carte on aperçoit le Cotentin avec son grand port de Cherbourg et au sud la ville de Saint-Lô. Le groupe d’armées du général Bradley est chargée de se diriger vers la Bretagne mais est bloqué entre la ville de Lessay et Saint-Lô par la division allemande blindée Lehr. Quoi de plus normal que d’envoyer alors
sur place le grand logisticien qu’est le général Mcnear.
Il doit enquêter sur l’incident dramatique et prendre si nécessaire les mesures
adéquates qui s’imposent. Il s’installe à la Vicquerie,
à Pont-Hébert près du 120ème régiment d’infanterie d’où il pourra
observer la deuxième tentative du bombardement « Cobra ». Celle-ci a
lieu le 25 juillet à 9 h 40. Durant une heure, 1 500 B-17 et B-24 labourent
leurs cibles, appuyés de 1.000 autres bombardiers moyens et chasseurs-bombardiers
: le plus grand bombardement en tapis de bombe de la Seconde Guerre mondiale
est en cours, 4 000 tonnes de bombes sont larguées ce jour-là, 60.000 bombes
pour 12 km2 de bocage, soit 5 000 bombes incendiaires au km2. Mais ici aussi,
comme la veille, les premières lignes américaines sont touchées. Le bilan est
catastrophique, les bombes amies ont tué 101 soldats et parmi eux le général
Lesley McNair, 57 ans. Les blessés dépassent les cinq
cents ! L’opération Cobra est malgré tout un
succès mais au prix de 3.200 victimes allemandes pour 1.800
américaines ! La division Lehr anéantie par le tapis de bombe, Patton peut
s’engouffrer dans la brèche vers Avranches et la Bretagne. Il faut cependant
minimiser la bavure de l’armée et le commandement US maquille le drame en
affirmant que McNair a été tué par l’ennemi. C’est
donc dans le plus grand secret que Bradley et Patton assistèrent à
l’enterrement de McNair. Des protestations se sont
élevées chez les correspondants de guerre et un mois plus tard, la véritable
histoire sera racontée. Mc Nair repose aujourd’hui dans le
cimetière de Colleville-sur-Mer. Il est le plus haut
gradé à reposer non seulement à Colleville mais dans
tous les cimetières militaires américains répartis dans le monde entier. Il est
mort avec le grade de lieutenant-général. Pour rappel, il y cinq grades de
général dans l’armée américaine : le grade de brigadier-général (une
étoile), le grade de major-général (deux étoiles), le grade de
lieutenant-général (trois étoiles) et le grade de général (quatre étoiles). Le
grade de général d’armée (cinq étoiles) n’est donné qu’en temps de guerre.
Tombe du général Lesley McNair
En 1954, une loi du Congrès promeut McNair au grade de général quatre étoiles à titre posthume.
Il repose donc à Colleville à l’angle du parterre F.
L’emplacement de sa tombe est privilégié dans le fait que la sépulture est
visible de l’allée car, au vu des conditions climatiques, il y a souvent
interdiction (sauf pour les proches) de marcher entre les tombes pour ne pas
dégrader la pelouse. L’histoire des Mcnair
pendant la guerre ne s’arrête pourtant pas là. 12 jours après la mort du
général, c’est son fils Douglas, lui aussi sorti de West Point qui succombera à
l’âge de 37 ans sur l’île de Guam. Il meurt avec deux autres soldats de la 77e
division en s'engageant dans une escarmouche avec des soldats japonais alors
qu'ils cherchaient des emplacements pour un nouveau poste de commandement de
division. Douglas est enterré dans le cimetière américain d’Honolulu. Mes
pensées au terme de cet article s’envolent à travers le temps aux Etats-Unis
jusqu’à l’épouse du général et de son fils Douglas. Je ne connais d’elles que
le chagrin qu’elles ont dû supporter pendant tout le restant de leur vie...
McNair et sa famille en 1943. Douglas se tient à droite. Assises à gauche se trouvent Freda, l'épouse de Douglas, et sa fille Bonnie Clare ; assise à droite, Clare McNair. (source wikipedia) Cimetière Colleville sur le mur de sortie du « visitor center » la citation
célèbre du Général Mark W. Clark En anglais (version originale gravée) « IF
EVER PROOF WERE NEEDED THAT WE FOUGHT FOR A CAUSE AND NOT FOR CONQUEST, IT
COULD BE FOUND IN THESE CEMETERIES. HERE WAS OUR ONLY CONQUEST: ALL WE ASKED …
WAS ENOUGH … SOIL IN WHICH TO BURY OUR GALLANT DEAD. » En
français « SI
JAMAIS UNE PREUVE ÉTAIT NECESSAIRE QUE NOUS AVONS COMBATTU POUR UNE CAUSE ET
NON POUR UNE CONQUÊTE, ELLE POURRAIT ËTRE TROUVEE DANS CES CIMETIERES ICI SE
TROUVAIT NOTRE SEULE CONQUÊTE : TOUT CE QUE NOUS DEMANDIONS… ÉTAIT ASSEZ
DE… TERRE POUR Y ENTERRER NOS BRAVES MORTS. » Dr
Loodts Patrick Nombre de Visiteurs depuis le 18 Septembre 2026 ![]() ![]() ![]() ![]() ![]()
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