Maison du Souvenir

Le message du C.A.P.O.R.A.L. du mois de Novembre 2013

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Le Message du C.A.P.O.R.A.L.

NOVEMBRE 2013

« C.A.P.O.R.A.L. » signifie: Comité des Associations Patriotiques d’Oupeye pour le Regroupement des Activités Locales.

Editeur responsable: M. Hubert Smeyers, rue du Rouwa, 10, 4682 OUPEYE

Madame, Monsieur,

Nous vous invitons à prendre connaissance du programme des manifestations organisées à l'occasion du 95ème anniversaire de l'Armistice – ce programme a été établi en concertation avec tous les comités patriotiques locaux.

Nous vous remercions vivement de rehausser de votre présence l'hommage rendu dans chaque village et nous vous invitons à assister à la Messe du Souvenir en l'église d'Oupeye (suivie de la traditionnelle réception en la salle des mariages du Château d'Oupeye).

Dans cette attente, nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, en l'expression de notre considération distinguée.

 

Par le Collège,

Directeur général,  Le Député-Bourgmestre,  L’Echevin des Relations publiques,

P. BLONDEAU                  M. LENZINI                                   H. SMEYERS



Mardi 12 novembre

Le monument principal de chaque commune sera fleuri selon l'horaire ci-après :

8h30 : Hermée

8h55 : Heure-le-Romain

9h20 : Houtain Saint-Siméon

9h45 : Haccourt

10h10 : Hermalle-sous-Argenteau

10h35 : Vivegnis

11h : Oupeye

11h30 : célébration de la Messe du Souvenir suivie de la réception officielle en la salle des mariages du Château d'Oupeye

 

EDITORIAL

Le mot du Secrétaire patriotique



Dans le dernier C.A.P.O.R.A.L. étaient annoncées la tenue de deux manifestations patriotiques qui se déroulèrent en juillet, successivement dans la paroisse de HALLEMBAYE (le 7) puis dans l'entité d'HEURE-LE-ROMAIN (le 21).

Que me faut-il retenir de ces deux cérémonies si ce n'est qu'elles furent loin de connaître le même succès : ainsi, si la première peut être qualifiée de franche réussite, la seconde par contre se doit hélas d'être considérée comme un véritable « couac ».

A titre de comparaison : si la journée du 7 juillet, organisée en hommage à nos défunts des deux grandes guerres, rassembla, comme d'habitude, un nombre important de paroissiens et de représentants de divers milieux (ne mentionnons ici que la participation de 16 porte-drapeaux issus de nos trois grandes communautés), celle du 21 juillet, jour de notre Fête Nationale, se résuma au contraire à une présence plus que mitigée à tous les niveaux (limitons nous à signaler qu'un seul et unique porte-drapeau était présent au rendez-vous : merci Robert).

S'il est vrai, qu'outre la période de vacances, un grand évènement médiatique (abdication de notre souverain Albert II et intronisation de son fils Philippe) pouvait laisser supposer que les télévisions fonctionneraient ce jour à plein régime, jamais on n'aurait pu imaginer un tel désintéressement pour le Te Deum et les autres activités qui s'ensuivirent. Enfin, n'épiloguons pas plus sur ce passé et espérons qu'il ne soit que l'exception qui confirme la règle. Sinon ... (on peut aisément imaginer la suite)

En ce 15 septembre, comme également annoncé dans le périodique susmentionné, nous nous sommes retrouvés, certes avec une assistance plus réduite que de coutume mais en toute convivialité, aux Ateliers du Château d'OUPEYE pour notre journée de retrouvailles annuelle. Cette année, pour la première fois et pour nous souvenir, qu'en ce même mois de l'an 1944, notre commune était libérée, il fut préalablement procédé à un dépôt de fleurs au monument de l'Esplanade. Enfin, je ne voudrais pas conclure ce paragraphe sans avoir félicité et remercié Monsieur BROLET, ainsi que le personnel de l'Administration qui, cette année encore, se dévouèrent sans compter pour que cette journée se déroule dans les meilleures conditions.

Projetons nous enfin vers l'avenir pour annoncer la dernière manifestation patriotique de l'année qui exceptionnellement se déroulera le 12 novembre (le 11 étant un jour férié) pour permettre ainsi à toutes les écoles (comme ce fut le cas le 8 mai) de commémorer avec nous l'armistice de la « Grande Guerre » et se souvenir ainsi du Cavalier Fonck, notre première victime, ainsi que des milliers de nos compatriotes qui firent le sacrifice de leur vie et qui allaient, comme lui et pour l'éternité, être accompagnés de la mention « Mort pour la Patrie ».

Les détails concernant le déroulement de cette manifestation, à laquelle nous espérons vous y rencontrer nombreux, sont à consulter au sein même de ce périodique.

Charles DEVOS

Relation des événements survenus au fort de

Battice du 9 mai au 22 mai 1940 .

(suite)

VENDREDI 17 MAI

Nos TS, patiemment, essaieront d'entrer en contact optique avec le PO MN 29, ils devront abandonner tout espoir.

... Après 8 jours, notre premier PO extérieur tombe. Hommage soit rendu à tous les militaires de ce poste qui ont vécu de si tragiques moments, l'âme tranquille de ceux qui savent faire leur devoir.

Dans la matinée, le Cdt du fort de Neufchâteau fait appel à notre concours pour le dégager. Notre tir a un succès complet. Les colonnes ennemies se déplaçant de Froithier vers Val Dieu sont également harcelées avec succès. A remarquer que nos communications téléphoniques avec notre fort frère Neufchâteau se font en wallon car nous supposons l'ennemi à l'écoute sur ces lignes téléphoniques.

Notre PO Jonckay signale une batterie installée dans une prairie au sud de Julémont. Il s'agit d'une batterie de moyen calibre tirant vers l'ouest, sections à 200 m. d'intervalle. Contre battue immédiatement, cette batterie sera neutralisée et les pièces abandonnées par leur personnel.

Dans la suite, après arrêt du tir, nous serons avisés un peu tardivement que les pièces quitteront leurs emplacements. Une nouvelle intervention de notre part sur cette batterie qui gagne la grand route de Julémont ne donne aucun résultat précis.

Le fort de Neufchâteau est sous le feu d'une grosse pièce d'artillerie installée dans le bois des Fawes. Elle est rapidement neutralisée.

Un peu avant midi, nous faisons la pénible constatation que nos communications téléphoniques sont coupées avec les forts de Neufchâteau et Pepinster et, chose plus grave, avec nos PO extérieurs 307, VM23. MN29 est perdu depuis la veille et MN12 nous reste étant relié directement à l'ouvrage.

Nous reprenons contact avec les forts de Neufchâteau et Pepinster par le truchement de la TSF.

Pepinster nous apprendra qu'il est lui en relation téléphonique avec nos PO307 et VM23.

Après-midi, le village de Battice et la région sud du fort disparaissent dans un nuage créé par des projectiles fumigènes ennemis. Un redoublement de vigilance est de rigueur. Quand les nuages artificiels sont dispersés, aucune constatation anormale ne nous permet de connaître le motif de cette activité ennemie.

Comme les jours précédents, les tirs d'interdiction et d'entretien des destructions se poursuivent.

De son côté, l'IN.R. insiste sur la bataille de Sedan, parle de l'armée allemande dans le nord de la France et de la retraite des Alliés sur l'Escaut.

SAMEDI 18 MAI

Au cours de la nuit, il est 1 heure, une patrouille composée de 3 soldats (Van Begin, Collis J., Bouchat) sous les ordres du Mdl Fischer sort par le BV(?) Elle a comme mission de se rendre au BIT et de se rendre compte si aucun travail de sape n'a été effectué par l'ennemi au pied du bâtiment, les bruits suspects dont il a été question précédemment se sont renouvelés toutes les nuits aux dires du chef du bâtiment et d'autres gradés. A sa rentrée, la patrouille rapporte une réponse négative catégorique.

Le bombardement du BIV par obus de petit calibre reprend dès le matin et durera toute la journée.

Nous apprenons de Cdt du fort de Pepinster que son ouvrage n'est plus en communication téléphonique avec nos PO305 et VM23.

Nous sommes en droit de nous attendre à voir rentrer le personnel de ces PO car il leur a été à nouveau rappelé par l'officier des services extérieurs au début de l'action que leur mission prenait fin dès qu'ils n'auraient plus de liaison avec le fort.

Dans ce cas, la destruction des documents et du matériel s'impose et ils devaient tenter de regagner le fort.

Les bâtiments V et Waucomont sont (?), leur attention est spécialement attirée vers le PO 305 où aucune activité anormale n'est signalée.

Peu après, le PO du V signale qu'il voit de la fumée s'élever du PO 305. Détruiraient-ils leurs documents ?

Des civils travaillent dans les prairies voisines. Depuis deux ou trois jours, nos PO signalent la présence de civils dans les prairies avoisinantes.

A la ferme Mariette même le fermier et sa fille viendront rendre visite à la ferme alors que le fort est bombardé et qu'il tire.

Au début de l'après-midi, deux hommes du Génie Van Begin et ... sortent par le BI, gagnent le BII par la voie ferrée, poursuivent leurs investigations en direction des fermes Ledoux et Mariette.

Ils rentrent après un quart d'heure d'absence, nous rassurent complètement au sujet du BII et rapportent des fleurs champêtres !

Ils n'ont vu aucun ennemi.

La radio allemande annonce que Lille est prise, que les blindés allemands sont arrivés à Arras et donne encore beaucoup d'autres détails moins réjouissants les uns que les autres.

L'I.N.R. qui émet de Paris confirme ces nouvelles alarmantes, il annonce la destitution du général Gamelin au profit du général Weygand qui prend le commandement supérieur des armées françaises.

A partir de 13 h 30, les fronts sud et ouest de l'ouvrage sont bombardés avec obus fumigènes qui forment malgré le vent un rideau que la vue de nos observateurs ne peut percer. Des obus explosifs tombent également sur ces fronts. Que prépare cette action ennemie ? Déplacements de pièces, organisation de travaux ou simplement passage de troupes ?

Dans l'incertitude, nos coupoles tirent sur les points de passage obligés au sud et au sud ouest de l'ouvrage. Dans les cloches Mi et observation, le personnel est prêt à toute éventualité.

Vers 18 heures, alors que le bombardement diminue d'intensité, que la vue est meilleure, rien d'anormal n'est constaté sur ces fronts.

A 19 heures, une patrouille sortira par le BI et ira sans encombre ravitailler à nouveau le personnel du MN12, seul observatoire extérieur qui nous reste. Cette sortie sera mise à profit pour parfaire l'incendie d'un des deux camions abandonnés par l'ennemi sur la route d'Aubel.

Cette action est l'œuvre d'un soldat appartenant au PO.

Le soir, une voiture automobile arrive sur la route jusqu'à hauteur des camions incendiés, prise sous le feu du B. Jonckay, elle rebrousse précipitamment chemin après avoir éteint tous les feux, ce qui la sauvera, le tir de Jonckay n'ayant pu être ajusté.

Nos TS essaieront en vain pendant deux heures d'entrer en communication avec le PC 305 par liaison optique.

Notre 2e PO extérieur est vraisemblablement perdu pour nous. Quel a été son sort ? Quel est celui du PO VM23 dont nous sommes sans nouvelles ?

(à suivre)

Voici encore un texte qui nous a été transmis. C'est la narration faite par un ancien prisonnier de guerre de Herstal, Monsieur Elie MODAVE, d'une partie de sa captivité.

J'ai vécu mes 5 années de P.G. à Konigsberg. Je vous répète les divers commandos qui m'ont hébergé :

       Hafenbroken m (travail très lourd et fatigant ; débardeur)

       Tiergarten (quelques mois seulement, travail beaucoup plus léger

       Commando de l'intendance militaire.

Dans ce dernier commando, je logeais et recevais ma nourriture mais je travaillais pour l’institut biologique.

En route pour le troisième commando et pour un nouvel emploi !! On m'a laissé seul, durant quatre jours, dans ce nouveau lieu de séjour. S'est alors présenté un jeune Allemand, pâle, maigre, squelettique, qui avait pour tâche de me conduire à mon lieu de travail, en ville, aux bureaux de l'Institut biologique, situés au premier étage d'une maison tout à fait ordinaire.

J'entre avec une légère appréhension car j'ignorais complètement ce que j'allais découvrir. Je traverse une première pièce, vide de tout occupant. Dans la seconde pièce, autour d'une table, sont assises quatre femmes et, près de la fenêtre, une petite table derrière laquelle est installé un Français : Louis Harmant, (23,25, rue Chaussée, Verdun), en tenue civile (car les Français n'étaient pas considérés comme P.G., sauf quelques exceptions). Louis parlait très bien l'allemand. L'on a fait connaissance l'un avec l'autre. Il me déclara que j'allais subir un petit interrogatoire et me désigna discrètement une femme dont il fallait me méfier car elle était l'épouse d'un haut dignitaire du parti.

Commencèrent les questions : nationalité, composition de ma famille, profession, étais-je marié ? fiancé ? Enfin, sortant de son mutisme, « la femme du parti » me dit brutalement : « Avez-vous tué un Allemand durant la guerre ? ». Je répondis par le silence le plus complet. Elle n'insista pas.

Heureusement, elle quitta son emploi environ deux mois après mon arrivée, et ce au grand soulagement des trois autres femmes, et surtout de l'une d'elles dont le mari était dans un camp de concentration. Je vous cite le nom de ces femmes :

Frau Stelle (chef de service), Fraulein Heppner, Frau Ernst (mari en camp de concentration).

L'homme qui était venu me chercher au camp s'appelait Nourman (il est décédé et je ne l'ai pas connu longtemps).

Après ces présentations, le lendemain, je fis la connaissance du Directeur, le lieutenant Schëll, attaché au Service des Renseignements.

Les principales connaissances étant établies, je ne vais pas vous expliquer en détail en quoi consistait le travail de cet institut.

Toujours est-il qu'un champ expérimental se trouvait un peu en dehors de Kôniqsberq, l'endroit s'appelait « Devau ». Un second champ, très loin hors de la ville, était très peu cultivé et je m'y suis rendu très rarement.

A « Devau » se trouvaient les instruments agricoles dont on faisait usage : une batteuse aux dimensions réduites mais qui fonctionnait très bien, entraînée par un puissant moteur électrique, une charrue, une herse et divers outils agricoles, et surtout un motoculteur, engin de plusieurs centaines de kilos dont on me confia la conduite exclusive. C'est de ce dernier que je vais conter une aventure burlesque. Le directeur, par l'intermédiaire de Frau Stelle, chef de service, donna ordre à Louis (chauffeur de la limousine de l'établissement) d'attacher la remorque, de sortir le tout du garage (qui se trouve en ville) et de venir, le lendemain, charger le motoculteur, la charrue et un bidon d'essence. Frau Stelle devait nous servir de guide car le champ à labourer se trouvait en dehors de la ville. Arrivés à destination, c'est un chemin de terre bordé de quelques maisons et de terres de culture.

On décharge la remorque, Louis et moi-même fixons la charrue et attendons.

Mais il se passe quelque chose qui nous intrigue : sur le champ s'affairent quatre soldats allemands qui ramassaient d'énormes pierres et les déposaient dans le fond de la parcelle. « Tu vois, Louis, je vais avoir le privilège de labourer une carrière ! »

Grand étonnement aussi, de la part de Frau Stelle, qui ne veut prendre aucune décision avant l'arrivée du Directeur.

Ce dernier débarque enfin d'une voiture dans laquelle se trouve le propriétaire du champ. C'est un « oberst », colonel et supérieur du lieutenant Schoël.

On me prie de placer le motoculteur le long d'un treillis galvanisé qui délimite la propriété voisine.

Schoël se place au guidon et, avec une grande fierté devant son supérieur, veut tracer le premier sillon mais... je dois lui expliquer la fonction de chaque manette (mise en marche, 1ère et 2ème vitesse, marche avant, arrière, virer à gauche, à droite).

Hélas pour lui, je ne lui signale pas que la tige de la direction pour virer à gauche est complètement bloquée (malgré ce blocage, grâce à une astuce, je tournais à gauche sans aucune difficulté).

« Louis, regarde bien, il ne fera pas cinq mètres, il va arracher la clôture et entrer dans le jardin du voisin. »

Catastrophe ! le motoculteur a commencé à dévier vers la gauche, la tige de direction étant bloquée. De toute sa puissance, l'engin a arraché la clôture et s'est retrouvé dans le jardin voisin... et la montre du conducteur, prise dans les fils, a complètement explosé et j'ai vu les rouages voltiger partout.

Tête du directeur, face à son supérieur dont la physionomie n'exprimait pas la joie !!

Durant une demi-heure, Louis et moi avons dû travailler pour dégager le motoculteur entouré de fils. Je trace le premier sillon le long de la clôture restante, je trace le second, toujours sans incident. Pendant ce temps, les soldats allemands continuent d'enlever les grosses pierres qui jonchent le sol. Je commence le troisième sillon et tout à coup, je subis un choc épouvantable, la charrue avait heurté une grosse pierre ; cette dernière étant recouverte de terre, ce choc s'est transmis dans mes épaules. Marche arrière ! J'ai demandé à Frau Stelle qu'un soldat m'accompagne afin de ramasser les obstacles qui se présentaient sur mon chemin. A chaque fois, le choc se transmettait à mes épaules. Quelle souffrance !

A quatre heures, j'ai abandonné le travail. Cela devenait intenable. J'ai conduit le motoculteur devant le garage d'une maison voisine, la propriétaire ayant donné son accord. La pente pour accéder au garage était très, très forte.

J'abandonne durant quelques instants mon outil de travail. Et Louis, qui ne l'a jamais conduit, s'installe aux commandes, et en quelques secondes, dévale la pente... la porte du garage vole en éclats et il se retrouve au milieu du garage.

Cris, hurlements, vociférations de la propriétaire !!! Je sors le motoculteur, je gravis la pente et le place aux abords du champ.

Le lendemain, je laboure la partie suivante. Et alors, on nous présente le brise-mottes qui est toujours dans l'emballage d'origine. On retire la charrue et on la remplace par ce nouveau matériel.

Ce brise-mottes est un tube en acier hérissé de pointes. A Louis : « Dès que j'aurai fait deux aller et retour, je te parie qu'il ne restera aucune pointe sur l'axe. » Car il y a encore de nombreuses grosses pierres dans le terrain. Ma prédiction était juste.

On a démonté l'axe et... on n'a plus jamais parlé de ce champ.

Bilan de cette aventure burlesque de ce motoculteur :

a)      une montre réduite en miettes

b)     remplacement d'une clôture sur environ 6 mètres et piquets

c)      porte de garage complètement détruite

d)     brise-mottes à jeter à la poubelle

e)     durant une semaine mal aux épaules.

CIRCUITS des Champs de Bataille de France (suite)

La bataille de Mons, 23 août 1914

(Observatoire n° 30 : Cuesmes ; observatoire n° 31 : Bray)

La Sambre, à Namur, semble continuer la ligne sensiblement est-ouest que trace la Meuse inférieure, mais, à Charleroi, sa vallée s'infléchit nettement au sud-ouest, vers Maubeuge. Tenir la ligne de la Sambre ne suffisait donc pas pour arrêter l'aile droite allemande, il fallait, surtout à gauche, se porter nettement au nord. Dans les intentions du général Joffre, l'armée anglaise, concentrée vers Maubeuge, doit donc à gauche et en même temps que la 5e armée, entrer en ligne vers Mons et agir en direction de Soignies.

Mais le 20, le premier corps anglais est encore à Wassigny. « La concentration, dit le rapport officiel du maréchal French, était pratiquement achevée le 21 août et je pus dès le 22 prendre mes dispositions. »

Le 22, la bataille est engagée déjà depuis la veille. Cependant l'armée britannique débouche de Maubeuge, le 1er corps (général Douglas Haig) à l'est ; le 2e corps (général Smith Dorrien) à l'ouest. La division de cavalerie à l'aile gauche.

C'est vers un singulier champ de bataille qu'elle se dirige. Si nous suivons la même direction qu'elle et si nous nous élevons au nord de la Sambre, la route nous mène par Battignies, Havay, Asquilies, vers Mons.

Observons la ville de la hauteur de Cuesmes qui la domine au sud.


Rien ne ressemble moins à un champ de bataille classique, tapis de billard où évoluent les bataillons, que ce paysage tourmenté. C'est le pays noir, le « Borinage ». Plus à l'ouest, vers Peruwelz, commence le riche pays des fermes dont Tournai est la capitale. Ici, le charbon est roi. La mine creuse et ravage le sol. Parmi les innombrables corons ouvriers, les hauts crassiers, les terrils, dressent vers le ciel brumeux leur masse sombre. Une rivière, la Haine et le canal qui la double, traversent cet austère paysage d'ouest en est, suivant sensiblement la grande route qui, de Valenciennes, mène à Charleroi par Mons et Binche. Une ligne de hauteurs les dominent au sud, de Dour à Binche, par Paturages et par Bray.

French y arrive le 22 au soir. Il est loin de penser que les gros allemands qui ont traversé Bruxelles le 20 et le 21 puissent déjà être une menace pour ses 70 000 hommes bien équipés.

Cependant, à droite, la liaison n'a pu être faite avec la 5e armée française. Le maréchal French donne l'ordre à ses divisions de se retrancher ; il pense reprendre son mouvement le lendemain. Le dispositif est le suivant : à gauche Smith Dorrien tenant la ligne du canal. Sa troisième division, au centre, occupe Mons et ses environs. A droite, Douglas Haig s'est établi solidement de Mons à Binche avec un crochet défensif vers l'est de Binche, à Paissant.

Heureuse disposition, car déjà, à droite, la 5e armée a subi un sensible échec et se replie au sud de la Sambre. Bülow la poursuit et son VIIe corps, débouchant le 23 en direction de Merbes-le-Château, se heurte à l'aile droite anglaise à Binche.

En même temps, les corps de gauche de von Kluck (IIIe et IVe) arrivent eux-mêmes dans la région de Mons. Bientôt ses autres corps, accourant à leur secours, vont se rabattre sur l'armée French.

La canonnade commence à midi, brusque et violente. A partir de 15 heures, la lutte devient ardente.

Pour la suivre, portons-nous à l'ouest de Bray, sur la cote 93 qui domine la grand' route de Mons.

C'est là que Douglas Haig est solidement établi, couvrant la droite de l'armée. Appuyé au petit massif qui protège au sud la région de Mons, il commande la vallée de l'Haine et le canal.

De leurs tranchées, les Britanniques tirent à coup sûr. Froidement, ils ajustent les bataillons ennemis qui s'avancent en masses compactes et les fauchent. Sous le feu des canons lourds établis sur les hauteurs de Roeulx, La ligne fléchit un peu mais tient fermement la route. Au centre Smith Dorrien résiste victorieusement et croit le succès assuré.

Telle est la situation à 5 heures du soir quand le Maréchal reçoit une dépêche « inattendue » du général Joffre : trois nouveaux corps allemands marchent droit au sud sur l'armée anglaise.

La gauche est menacée d'un mouvement d'enveloppement venant de Tournai. A droite, l'armée Lanrezac a dû céder les passages de la Sambre.

Telles sont les conséquences du manque de cohésion entre les deux armées : French, qui, le 21 et le 22, n'a pu porter secours à Lanrezac, se trouve découvert le 23 par la retraite de celui-ci.

Immédiatement, le maréchal donne l'ordre de repli, mais la pression de l'ennemi s'accroît. Pour se dégager, il n'a qu'un moyen : contre-attaquer.

A droite, un « vigoureux coup de poing » de la 2e division sur Harmignies, à gauche, une brillante mais sanglante charge de la brigade de cavalerie du général de Lisle dans la plaine d'Audregnies, permettent de rétablir la situation.

C'est la dure retraite qui commence vers Landrecies et Le Cateau.

(à suivre)

 


 



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