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Le message du C.A.P.O.R.A.L. du mois de Juillet 2012

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Le Message du C.A.P.O.R.A.L.

JUILLET 2012

« C.A.P.O.R.A.L. » signifie: Comité des Associations Patriotiques d’Oupeye pour le Regroupement des Activités Locales.

Editeur responsable: M. Laurent Antoine, rue de Hermalle, 131, 4680 OUPEYE

Madame, Monsieur,

En collaboration avec les sections patriotiques locales, l'Administration communale d'Oupeye a le plaisir et le privilège de vous inviter aux cérémonies traditionnelles du 21 juillet 2012 qui, cette année, se dérouleront en l'ancienne commune de Hermalle, selon l'horaire ci-après :

- 10 h30 : en l'église Saint-Lambert de Hermalle : messe solennelle chantée par la chorale paroissiale suivie du Te Deum et du traditionnel dépôt de fleurs au caveau d'honneur et aux monuments aux morts.

Ordre du Cortège :

1 -  musique

2 -  délégation des écoles et scouts

3 -  porte-drapeaux

4 - autorités politiques, militaires, patriotiques

5 -  public.

Cortège en musique entre la sortie de l'église et l'école.

-  Vers 12 h : vin d'honneur de circonstance offert par l'Administration communale à l'école communale.

Nous espérons vivement que vous aurez à cœur de rehausser cette belle manifestation de votre présence.

Le port des distinctions honorifiques est souhaité.

A l'occasion de ces festivités, nous vous remercions de pavoiser vos façades aux couleurs nationales et d'inviter vos voisins à le faire.

Dans l'attente du plaisir de nous y rencontrer, nous vous prions de croire, Madame, Monsieur, en l'expression de nos sentiments distingués.

 

Par le Collège,

Le Secrétaire communal,  Le Député-Bourgmestre,  L’Echevin des Relations publiques,

P. BLONDEAU                  M. LENZINI                                   L. ANTOINE



Circuit des champs de bataille de France

(Suite)

La bataille de la Semois, 21-23 août 1914. Le bois de Luchy-Montplainchamps-Rossignol

La Meuse, par son cours supérieur, approche les contreforts septentrionaux du Morvan ; par son cours inférieur, elle aborde la grasse plaine flamande ; par son cours moyen, elle pénètre et entaille le vieux massif des Ardennes. Dans la roche dure, les eaux n'ont pu creuser qu'un sillon étroit, encaissé, que domine partout la forêt. Parfois, une couche plus tendre se laisse plus fortement entamer : la rivière en profite pour s'allonger en un profond méandre enserrant un cirque étroit d'alluvions où parmi quelques jardins se serrent les vieilles maisons du bourg. Ainsi à Fumay, ainsi à Revin où passe notre route.

A l'est d'étendent les couverts du massif ardennais. Avec ses antiques rochers polis par l'érosion, sa grande forêt que hantent les plus vieilles légendes du monde européen, l'Ardenne est le dos puissant où vient s'appuyer la plaine belge.

Stratégiquement, c'est la solide articulation qui relie les armées de l'Est aux armées du Nord-Est.

L'Etat-Major allemand le sait. Ayant préparé de longue date la mainmise sur le Grand-Duché de Luxembourg, maître dans l'Eifel d'un excellent réseau ferré et des camps formidables de Saint-Vith et de Malmédy[1], il compte bien utiliser ce redoutable repaire que constitue l'Ardenne.

Tandis que la manœuvre par les deux ailes étendra au nord et à l'est les bras qui enserrent et étouffent, au centre, à l'affût dans les deux Luxembourg, une force dont la majeure partie est confiée au Kronprinz impérial, attendra l'heure de porter le coup de massue qui assomme.

L'importance de la région n'est pas moindre dans les plans du Commandement français. L'intention de celui-ci était d'attaquer par la Lorraine et l'Alsace"[2], la droite du Rhin. Mais, l'ennemi ayant violé la neutralité belge, toutes les armées ont dû glisser vers le Nord et le centre de gravité s'est trouvé sensiblement déplacé à gauche. Ce n'est donc plus par la droite, c'est par le centre qu'on attaquera : tandis qu'à gauche, les forces réunies des Belges, des Anglais et de la 5e armée tiendront tête au mouvement tournant, au centre, en liaison avec l'offensive de Lorraine, une vigoureuse attaque prendra en flagrant délit de manœuvre les armées ennemies. Fonçant droit au nord, on s'efforcera de les couper de leur base : Aix-la-Chapelle.

Les Allemands, s'ils n'ont pas eu de renseignements précis sur le dispositif français, ont certainement senti le danger d'être enfoncés en leur centre, tandis qu'ils mèneraient leur manœuvre d'ailes. Leur attention n'en a été que davantage attirée vers une région où leur propre offensive s'apprêtait.

Profiter de la mainmise sur le Luxembourg pour occuper fortement l'Ardenne, s'y retrancher en secret, utiliser les merveilleux couverts de ce pays mystérieux pour en faire jaillir au moment voulu la surprise contre laquelle se brisera l'ennemi, tel est le dessein de l'Etat-Major allemand.

Il dispose pour l'exécuter de trois armées : de la gauche à la droite, celle du Kronprinz impérial (Ve armée), celle du duc Albert de Wurtemberg (Ive armée) et enfin celle de von Hausen (IIIe armée) à qui un rôle essentiel est dévolu. Au total 15 corps d'armée. Les Français, eux, ont deux armées : la 3e (général Ruffey) étendue d'Etain à Montmédy : la 4e  (général de Langle de Cary), de Montmédy à Fumay.

Au total 10 corps.

Avant d'entrer en Belgique, la Meuse reçoit en territoire français deux affluents de quelque importance : le Chiers, qui la rejoint en amont de Sedan, et la Semois qui, se frayant péniblement un chemin dans les contreforts rocheux de l'Ardenne belge, vient après un cours extrêmement sinueux, la grossir à son tour à Monthermé. C'est là que nous atteignons sa vallée.

Attaquant droit au nord, la 4e armée qui est établie sur la rive droite de la Meuse et du Chiers va d'un premier bond se porter sur la Semois. De la droite à la gauche son dispositif est le suivant : 2e corps, corps colonial, 12e, 17e, 11e, une partie du 9e corps,  52e et 60e divisions de réserve, 4e et 9e divisions de cavalerie.

Les ordres sont donnés le20 : l'armée s'ébranlera le 21 au matin. Objectif : déboucher de la Semois la gauche en avant.

L'intention du commandement français est évidemment par une marche d'approche à couvert de se porter au plus près de ces forces ennemies que tous les renseignements signalent marchant d'est en ouest (ce sont en réalité les corps de von Hausen qui se hâtent vers le front Givet-Dinant). On pourra alors leur porter au flanc le coup mortel qui les fixera.

Mais la nature boisée et ravinée du terrain se prête mal au mouvement d'ensemble. Les vues sont nulles, les liaisons difficiles : il en résultera une multitude de chocs séparés et comme disloqués que nous allons suivre sur le terrain. Nous ne trouverons que peu de larges vues. Force nous sera donc de parcourir le champ de bataille en suivant successivement les principaux épisodes du combat.

La marche du 21 a porté l'armée sur la Semois et même au-delà, du sud de Gédinne à la région de Virton. Le 22, le mouvement se poursuit. L'ennemi est retranché derrière la Lesse. Aussi, à gauche, les 9e et 11e corps progressent sans difficulté vers Gédinne et Paliseul. Passons au sud de cette région et prenons la route de Houffalize. Avant l'important carrefour qu'elle forme avec la route de Neufchâteau et celle de Saint-Hubert, elle traverse au nord de Bertrix le bois de Luchy.

Le 17e corps marche sur Ochamps, quand tout à coup part des retranchements de la Lesse un violent feu d'artillerie. Toute la 66e brigade qui est en tête et les trois groupes d'artillerie sont déjà engagés sous bois. C'est la fournaise. Un groupe d'artillerie, surpris en colonnes de route, a été anéanti.

Surprise, décimée, la brigade doit se replier à l'abri de la Semois et tout le mouvement du corps est enrayé. Mais, tandis que le 12e corps soutient un vif combat à Saint-Médard, c'est le corps colonial (général Lefèvre) qui soutient à Neufchâteau l'action principale.

Le corps marche en deux colonnes, la 5e brigade suivie de la 2e division par Thonne, Le Thil, Herbeuval, ferme d'Orval, et Pin. La 3e division par Saint-Vincent et Rossignol. Les deux colonnes doivent maintenir leur liaison à travers l'épaisse forêt de Chiny et déboucher en même temps sur Neufchâteau.

Le commandant de la 5e brigade, général Goullet, marche avec l'avant-garde. Aucun ennemi, sauf quelques patrouilles de cavalerie qui s'enfuient. La marche est pénible. Vers 11 heures, la tête débouche du bois à Montplainchamps.

Descendons vers le sud jusque là et retournons-nous. Un véritable panorama s'ouvre devant nous. De Montplainchamps la route s'abaisse vers les prairies. Elle franchit un ruisseau, fait une courbe à droite et monte vers Neufchâteau à travers les champs d'avoine[3]. Par-dessus la ligne boisée de la vallée on découvre les toits d'ardoise de la petite ville.

L'avant-garde est reçue à coups de fusil. Une, puis deux compagnies se déploient. L'ennemi les laisse approcher puis ouvre un feu violent d'artillerie et de mitrailleuses qui les cloue sur place. Le colonel Neple, qui commande l'avant-garde, se porte lui-même sur la grand' route et franchit le ruisseau. Il essaie de déborder par le bois d'Ospot. Mais un feu terrible part des tranchées allemandes. Les officiers tombent. Il faut se replier. Une quinzaine d'hommes couvrent la retraite. Le révolver à la main, le colonel Neple est parmi eux et leur donne le plus magnifique exemple jusqu'au moment où il tombe, mortellement blessé. L'ennemi, durement éprouvé, ne poursuit pas et c'est sans être inquiété que le restant de la brigade peut se replier sur Suxy.

Que devient cependant la colonne de droite, celle de la 3e division ? Ma 1ère brigade en tête (1er puis 2e régiment, artillerie divisionnaire), elle dépasse Saint-Vincent. Au débouché de Rossignol, une vive fusillade part de la lisière de la forêt. Portons-nous au nord du village. Déjà, le 1er régiment est engagé sous bois. Le 2e se retranche à 200 mètres de la Carrière.

L'artillerie franchissant le pont de Brévannes se met en batterie sur la chaussée et prend sous son feu l'ennemi qui tente de déboucher du bois.

A 8 h 30, le pont de Brévannes s'effondre. La brigade est désormais séparée de tout secours par la Semois, mais un admirable esprit de sacrifice anime la courageuse petite troupe. Pendant six heures, le 2e régiment arrête par son feu toutes les tentatives de l'ennemi. Tous les officiers tombent. De part et d'autre de la chaussée de Rossignol les trois groupes de l'artillerie divisionnaire luttent magnifiquement. Les servants continuent à combattre au mousqueton jusqu'à la nuit. C'est là que le petit-fils de Renan[4], lieutenant d'artillerie Ernest Psichari, tombe, frappé d'une balle au front.

Tels furent les combats de l'Ardenne : héroïques et douloureux. Le sacrifice du moins fut chèrement payé : 5 000 Allemands restèrent couchés sur le champ de bataille de Rossignol.

Dimanche 30 septembre 2012


Grande journée de Retrouvailles

Invitation

Mesdames, Messieurs,

Comme chaque année, nous avons le plaisir de vous inviter à participer nombreux à la grande journée de retrouvailles agrémentée par un buffet gastronomique et diététique le dimanche 30 septembre 2012, aux Ateliers du Château, rue du Roi Albert, 50 à Oupeye.

Programme de la journée :

- 11 h : cérémonie académique, décorations de circonstance et apéro offert par l'Administration communale ;

- 12 h : buffet froid de haut standing.

Buffet du Chef

 ¼ de tomate aux crevettes grises

 La Coupe Neptune

La ½ truite fumée

 Méli mélo de saumon frais et de saumon fumé

 Ballottine de volaille aux fines herbes

 Jambon à l'os

Terrine parisienne

Pilon braisé

 Le cœur d'Ardenne au melon

 Roosbeef

 Choix de 5 crudités

 Choix de sauces, petits pains et beurre

 Dessert : bûche glacée sur coulis de fruits

C'est avec plaisir que nous avons décidé de renouveler notre confiance à la boucherie WERS Fils dont le papa était un ancien prisonnier de guerre, affilié à la section F.N.A.P.G. de Haccourt.

Comme chaque année, la Maison WERS nous offrira le dessert de circonstance...

Pour participer à ce repas placé sous le signe de l'amitié, nous vous invitons à faire parvenir sans tarder votre inscription en remplissant le coupon ci-dessous et à virer votre participation financière fixée au prix promotionnel de 20 €.

Comme d' habitude, les vins rouge et rosé vous seront proposés à prix démocratique.

Attention ! Le nombre de places est limité à 140 couverts !

Il est INDISPENSABLE de remplir le coupon ci-dessous et de le faire parvenir au Département des Relations publiques chargé de la bonne coordination de cette journée et tout spécialement de l'aménagement convivial selon les souhaits de toutes les sections (Administration communale, rue des Ecoles, 4 - 4684 Oupeye - Haccourt - 04 267 07 05).

Votre réservation sera effective dès réception du paiement au numéro de compte du Comité Exécutif des Associations patriotiques de l'entité : 000-3108073-96.

Dans l'attente du plaisir de nous retrouver en cette agréable circonstance, nous vous prions de croire, Mesdames, Messieurs, en l'expression de notre considération distinguée.

Le Secretaire patriotique, Le Trésorier patriotique, L’Echevin, Le Député-Bourgmestre

                                           en charge des

                                             Associations patriotiques

G. Antoine                                        L. Brolet                        L. Antoine                M. Lenzini

Coupon à renvoyer par retour du courrier – car inscriptions limitées à 140 couverts et encodées par ordre d'inscription – au département des Relations publiques, Administration communale, rue des Ecoles, 4 – 4684 Oupeye – Haccourt.

Nom, prénom : …………………………………………………………………………………

Fonction : ……………………………………………………………………………………….

Assisterai                                 o A la partie académique                                           o Au buffet

Serai accompagné de……. personnes.

Je verse ce jour la somme de 20 € x……. = ………€ au compte n° 000-3108073-96 du Comité exécutif des Associations patriotiques d'Oupeye.

o N'assisterai pas à la Journée de Retrouvailles.

                                                             Date:                                                                 Signature:

 

 

Très important !!!!

Je souhaite être placé à la table de la section………………………………………………

dirigée par Monsieur le Président………………………………………………………….

 

Relation des événements survenus au fort de Battice du 9 mai au 22 mai 1940

(suite)

A 18 heures, on annonce du bâtiment 1 que des civils venant de Battice et porteurs d'un drapeau blanc avancent vers le fossé. Le lieutenant Tiquet et l'adjudant Doutrelepont se trouvent en présence d'un civil étranger inconnu accompagné du garagiste Wiady de la commune et de quelques gamins. L'inconnu annonce une grosse attaque de l'artillerie allemande et conseille de réfléchir avant qu'il ne soit trop tard. Cette plaisante menace fait sourire nos officiers qui éconduisent promptement l'inconnu. Tandis que cet incident plutôt comique se passe au bâtiment 1, l'officier d'administration du groupement, adjudant Herpet vient ravitailler le fort en pain et viande fraîche. Il repart après avoir accompli normalement la mission.

Vers 19 heures, le soldat rengagé Kainers est aperçu rampant dans la tranchée du chemin de fer, épuisé, blessé. Recueilli par une patrouille sortie sous la conduite du mdl Cabay, il est transporté à l'intérieur du fort où les médecins procèdent, dans la salle d'opération, à l'extraction de plusieurs balles.

Malgré les soins immédiatement prodigués, le soldat Kainers succombera trois jours plus tard suite aux blessures graves reçues.

Peu après, l'équipe de M.V.D. exécute un tir sur la ferme Marnette où la fuite en pâture des animaux inquiets constatée par le bâtiment Il fait supposer que quelque chose s'anormal se passe.

Dès la tombée de la nuit, alors que les tirs d'artillerie continuent, des petites armes entrent en action car de tous les bâtiments, le PC PA est avisé que certains mouvements sont décelés aux environs immédiats du fort. Les embrasures de nos bâtiments font l'objet de tirs précis et systématiques de la part de l'ennemi. La vigilance est grande chez les hommes, ce qui sauvera le fort de toute attaque brusquée.

Jamais l'ennemi ne pourra approcher assez près pour mettre à mal les embrasures soit à l'aide de cartouches d'explosifs, soit à l'aide de tout autre moyen mis en œuvre contre d'autres ouvrages (Lance flammes)...

Le Bâtiment IV est pris sous le feu de pièces de petits calibres installées à Chaineux, tirant des projectiles pour cuirasse. Ces pièces sont immédiatement contrebattues avec succès.

Le PO MM 12 est soumis plusieurs fois au cours de la nuit au tir d'armes automatiques ennemies très rapprochées. Des armes automatiques installées dans le couvert au nord de la ferme Donéa tirent dans les embrasures du P O où le séjour dans la cloche est rendu impossible. Le P O est dégagé par le tir de coupoles 75.

Vendredi 11mai

La nuit est très agitée. Les P O ne voient rien ou presque rien tant il fait sombre. On tire dans les embrasures des bâtiments. A certains moments, les B I et B V II signalent la chute de parachutistes aux environs sud du fort. Il est impossible d'avoir confirmation de l'événement. Les armes tirent à la moindre manifestation en vue d'éviter l'approche de l'ennemi et le lancement dans les embrasures d'engins explosifs (20.000 cartouches tirées).

A 3 heures, le SLt Jodain est allé remplacer l'Adjudant Doutrelepont au Mi Anti Avi. Les munitions sont en grande partie consommées (6.000 traçantes, 1.000 ordinaires) en raison des nombreux tirs effectués sur les avions qui ont survolé la position la veille et dès l’aube de ce jour.

Les tirs d'interdiction et d'entretien des destructions continuent.

Signalées par nos P O, de nombreuses troupes ennemies (colonnes de toutes armes) passent aux carrefours au nord du fort.

La mission des interdictions primant tout, nous ne pouvons distraire qu'une partie de nos moyens pour contrebattre ces troupes. Tant pis pour les tirs d'interdiction, mais de tels objectifs ne peuvent passer inaperçus.

De nombreux civils passent encore aux environs du fort et se dirigent vers l'ouest. Vers 10 heures, le P O MN 29 signale un rassemblement de soldats allemands dans un verger au N.E. de la Croix des Fames. Afin de les identifier, le chef du P O envoie un volontaire. Le soldat M38 Maertens part, rentrant de son expédition, le soldat Maertens, qui est porteur de sa veste en toile bleue, n'est pas reconnu par les camarades alors qu'il s'approche en rampant du fort. Le chef du P O Mdl Servais croit qu'il a à faire à un ennemi et tire dans sa direction avec son pistolet GP. Comble de malheur, la balle a atteint l'homme en pleine poitrine. Maertens, grièvement blessé, est ramené dans L'abri. La consternation est à son comble, le chef du P O est désespéré. Impossible d'envoyer un médecin à ce poste éloigné. Des mesures d'ordre service sont édictées par téléphone au P O. Des nouvelles sont prises souvent et des conseils donnés. Le malheureux Maertens agonisera et finalement succombera le mercredi 15 en présence de ses camarades impuissants.

Malgré ce tragique événement, le personnel du P O MN 29 fera preuve d'un courage et d'un cran remarquables jusqu'à la dernière minute de sa résistance.

A 13 heures, la section de M.L.C.A. en position sur le massif subit une violente action ennemie. Mitraillée des ruines de la ferme Donéa et des environs de la gare de Battice, elle est de plus prise à partie par des pièces de petit calibre et réduite au silence alors que des avions survolent l'ouvrage. Des organes de feu du fort entrent en action pour protéger la section de ML, sans grand succès. On tente de ravitailler Le personnel au cours d'une accalmie.

Deux soldats, Bastin et Claes sortent par le BE. A peine ont-ils franchi la poterne que des balles ennemies semblant provenir du dessus du B. I. sifflent à leurs oreilles. Ils ne peuvent mener à bien leur mission.

L'action du fort est concentrée sur l'endroit d'où semblait sortir les coups.

Les mitrailleurs se trouvent dans une situation dont la gravité grandit. Pris sous le feu ennemi, gênés par le tir de nos autres armes, privés de munitions adéquates à leur mission, ils demandent l'autorisation de tenter l'évacuation de la position et de rentrer dans l'ouvrage.

Invités à prendre patience, Le moment étant mal choisi, ils finiront plus tard, aidés par l'action du fort, à rentrer dans l'ouvrage avec armes et munitions. Le mouvement difficile a été effectué sans perte.

Dans La matinée, Le P O 305 a signalé le passage à Chaineux de troupes et de charrois. Les pièces de 75 concentrent leurs tirs sur le centre du village et les routes y aboutissant. L'ennemi est dispersé.

Dans le courant de l'après-midi, Le P O VM 23 voit une douzaine de soldats allemands s'approcher de l'abri à la faveur du chemin creux.

Le chef du PO Maréchal de Logis M 38 Van Reye décide d'effectuer une sortie pour se dégager. Armés de FM, GP et grenades, ils parviennent à surprendre L'ennemi et à le disperser. Rendant compte de l'incident, le chef du PO nous apprendra que 5 soldats allemands sont restés sur le terrain.

(Le 10, le MdL Poncelet du fort de Fléron qui se trouve au PO VM 22 a reçu de son commandant de groupe l'ordre de rejoindre son fort avec les deux soldats. L'un d'eux sort en compagnie du soldat M 38 Delmotte afin d'éclairer la route. Des minutes s'écoulent, les deux soldats ne rentrent pas.

Le 11, par après, le MdL Poncelet et son 2e soldat quittent le PO à leur tour. Le Cdt du fort de Fléron, Capitaine Glime nous apprendra le lendemain à 1 heure que son observateur a rejoint sauf, mais seul. On n'aura plus de nouvelle du soldat Delmotte.)

Après midi, nous sommes bombardés par des obus de moyen calibre ; les environs de la coupole B Nord et du Bâtiment II sont particulièrement visés.

Le Cdt du Groupement donne ordre d'exécuter avec toutes les coupoles un tir de concentration sur Aubel, localité occupée par de nombreuses unités ennemies. Le déclenchement du tir se fait sur son ordre, les forts d'Evegnée et de Fléron participent à cette concentration. 200 obus sont tirés.

Le Cdt du fort de Neufchâteau demande un tir sur une batterie installée en lisière du bois de Los, au bord de la route Merchoff.

Il fera observer le tir. Le tir de contre batterie est ouvert sans délai. Une pièce est détruite, la batterie est neutralisée, le personnel abandonne le matériel et se réfugie dans le bois. Nous y transportons le tir. Ultérieurement, à la demande du fort de Neufchâteau, le tir sera repris cette fois avec les coupoles de 120.

De l'intérieur, on nous signale qu'une batterie de gros calibre s'installe dans le bois de Fawes au nord de La Croix de Charneux. Il y a probablement corrélation avec les renseignements reçus le matin du PO MN 29 lors de sa tragique aventure.

Nos PO tant extérieurs que du fort signalent le passage de colonnes ennemies au nord de l'ouvrage. Nous prenons ces colonnes sous nos feux, décidés maintenant à ne plus perdre les occasions qui nous sont offertes et ce au détriment peut-être des tirs d'interdiction et d'entretien des destructions qui eux, à l'exception de celui ajusté sur la BAT, sont tous tirs non observés.

Une cérémonie hors du commun à Hermalle

25 mai 2012. Le soleil brille. La place Froidmont de Hermalle-sous-Argenteau a une apparence bizarre. Face à la Meuse, une série d'échoppes cachent en partie quelques rangées de chaises. Mais que se passe-t-il ?

Un groupe d'enfants arrive sur le côté droit, venant de l'école libre. Il s'installe au bord de la place. De  l'autre côté, un autre groupe d'enfants venant de l'école communale occupe le bord gauche.

Surviennent alors des porte-drapeaux et des anciens combattants qui s'installent auprès des enfants.

On entend des commandements donnés d'une voix martiale et, venant des bords de la Meuse, deux pelotons du 1/3 Lanciers, magnifiques de prestance, prennent position en face des échoppes.

Les autorités communales d'Oupeye arrivent, s'installent sur les sièges qui leur sont attribués.

Le chef de corps, le colonel Semal vient alors prendre le commandement de ses troupes puis accueille les VIP, officiers en retraite ou d'active, qui prennent place à leur tour.


Discours de Monsieur Laurent Antoine, Echevin des Associations Patriotiques d’Oupeye. (Photo Lem)

Survient alors le premier étendard du 1er Lanciers avec sa garde d'honneur. Grand moment d'émotion car cet étendard, il a été remis au second chef de corps du 1er Lanciers belge en 1831 par le.roi Léopold 1er. Ce chef de corps, c'est le colonel de Thierry, homme auquel cette journée d'hommage est consacrée et dont la tombe se trouve dans le cimetière devant l'église, à 50 mètres de nous.

Nous assistons à une magnifique prise d'armes, avec musique appropriée, prise d'armes qui, en ce qui me concerne, m'a redonné la fierté de notre pays et de notre armée.

C'est ensuite le moment des discours, celui de l'échevin des associations patriotiques, Laurent Antoine, représentant les autorités communales, puis celui du président de la Maison du Souvenir d'Oupeye, André Pirson, remplaçant le véritable instigateur de cette cérémonie, Toussaint Pirotte, malheureusement décédé quelques jours avant cette manifestation.

Ensuite, deux détachements se déplacent pour former une haie d'honneur à l'entrée du cimetière. Quelques représentants des autorités civiles et militaires se déplacent pour se rendre devant la tombe du colonel de Thierry, à l'arrière de laquelle deux militaires en tenue 1831 du 1er Lanciers croisaient leur lance à la flamme de l'époque. Huit élèves ont apporté aux autorités les gerbes qui ont été déposées sur la tombe.

Enfin, chacun ayant repris sa place du départ, le 1/3 Lanciers s'est retiré vers les bords de Meuse et les autorités communales ont invité les nombreux participants à se diriger vers l'endroit où le vin d'honneur, de très grande qualité, était offert.

André Pirson

Président de la Maison du Souvenir



[1] Saint-Vith et Malmédy étaient alors territoires allemands.

[2] Qui étaient aussi Allemands à l'époque.

[3] Nous sommes en 1920. Le paysage est-il toujours le même ? Nous en doutons.

[4] Ecrivain, philologue, philosophe et historien français.



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